LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406546

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406546

jeudi 20 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406546
TypeDécision
Formation10ème chambre
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a annulé l'arrêté du 19 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris obligeait M. D A B, ressortissant marocain, à quitter le territoire français et fixait le pays de destination. Le tribunal a jugé que cette mesure d'éloignement était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de la résidence habituelle du requérant en France depuis 2017 et de son insertion sociale et professionnelle en tant que ferrailleur. La décision fixant le pays de destination a été annulée par voie de conséquence. L'affaire a été examinée sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024 sous le n° 2406546,

M. C E alias D A B, représenté par Me Besse, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris :

- l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

- a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation dans un délai mois suivant notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de cinq jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. E alias A B soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée en violation de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle viole son droit à être entendu, en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle viole le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour auprès de la préfecture de Seine-et-Marne le 5 mars 2024 ;

- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- l'arrêté préfectoral litigieux du 19 mai 2024 ;

- les pièces complémentaires, enregistrées le 18 février 2025, présentées pour le requérant ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de cette loi ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 5 mars 2025 en présence de Mme Darnal, greffière d'audience :

- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;

- Me Kao, représentant le préfet de police de Paris, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les différents moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 12 heures 45.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () "

2. Par un arrêté en date du 19 mai 2024 notifié le même jour à 11 heures 45, le préfet de police de Paris a, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. D A B qui se fait également appeler M. C E, ressortissant marocain né le 23 septembre 1991 à Oujda, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la requête susvisée, enregistrée le 28 mai 2024, M. E alias A B demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :

3. Il ressort des nombreuses pièces du dossier que le requérant établit sa résidence habituelle en France depuis 2017 par des documents variés et probants. De plus, il ressort également des pièces jointes à la requête que le requérant est bien inséré socialement, puisqu'il travaille comme ferrailleur depuis mars 2019 en qualité d'employé de la société EGC. Par suite, bien qu'il ne soit pas contesté que le requérant soit célibataire sans enfant à charge, l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et professionnelle. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, cette mesure d'éloignement doit être annulée. Par voie de conséquence, sera également annulée la décision fixant le pays de destination.

Sur les conclusions accessoires :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. " L'annulation prononcée au point précédent n'implique aucune mesure particulière d'exécution de la part de l'administration préfectorale.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté en date du 19 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris a obligé

M. E alias D A B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.

Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C E

alias D A B et au préfet de police de Paris.

Délibéré après l'audience du 5 mars 2025.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2025.

Le magistrat désigné,

Signé : C. FreydefontLa greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2406546

Décisions similaires

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2518020

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en formation collégiale, a examiné les recours pour excès de pouvoir de Mme A... et de M. C..., agissant pour ses enfants, contre les décisions du ministre de l'intérieur du 19 août 2025 refusant la délivrance de visas de long séjour en qualité de membre de la famille d'un bénéficiaire du passeport talent. Les requérants contestaient notamment l'insuffisance de motivation, le défaut d'examen, l'erreur d'appréciation sur l'authenticité des actes d'état civil, la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée, ainsi que la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a rejeté l'ensemble des requêtes, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés. Les décisions attaquées ont été jugées conformes aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations conventionnelles invoquées.

01/06/2026

TA44Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2309606

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. A... contre la décision du 21 avril 2023 du ministère de la transition écologique refusant son recrutement comme chargé de recherche au CEREMA. Le tribunal a jugé que l'administration se trouvait en situation de compétence liée, car la décision d'incompatibilité déontologique prise par le CEREMA le 25 janvier 2023, fondée sur un risque de conflit d'intérêts au regard des articles L. 121-1, L. 121-4 et L. 121-5 du code général de la fonction publique, était devenue définitive faute de contestation par M. A.... Par conséquent, les moyens soulevés par le requérant ont été écartés comme inopérants.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2410865

Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné le recours pour excès de pouvoir de Mme A..., ressortissante marocaine, contre le refus de visa de long séjour pour études. La commission de recours avait rejeté sa demande en estimant qu'elle pourrait séjourner en France à d'autres fins et que les informations fournies étaient incomplètes. Le tribunal a jugé que la décision de refus était fondée sur des motifs sérieux et objectifs, conformément à la directive 2016/801/UE et aux instructions ministérielles. Il a donc rejeté la requête de Mme A..., considérant que les moyens soulevés, notamment l'erreur de droit et l'erreur manifeste d'appréciation, n'étaient pas fondés.

01/06/2026

← Retour aux décisions