Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406966

mercredi 28 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406966
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Madame A B, ressortissante algérienne, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de police de Paris de lui remettre matériellement son certificat de résidence algérien en qualité d’étudiant. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas satisfaite, dès lors que l’intéressée dispose d’une attestation de décision favorable lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et que le préfet a indiqué avoir relancé la fabrication du titre. La requête est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, Madame A B doit être entendue comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer matériellement son titre de séjour mention Etudiant, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

2°) de mettre à la charge du préfet de police de Paris la somme de 500 euros de frais de justice.

Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle a sollicité un certificat de résidence algérien comme étudiant et a reçu une attestation de décision favorable, qu'elle a été convoquée le 25 janvier 2024 à la préfecture de police de Paris pour le récupérer, mais qu'il a été égaré par l'administration, que celle-ci n'a pas été en mesure de le lui remettre les 1er et 29 février 2024, que les agents de la préfecture ont refusé de lui remettre un écrit pour certifier qu'ils avaient égaré son titre de séjour, que la condition d'urgence est satisfaite car cette situation dure depuis cinq mois et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative

puisqu'elle a bénéficié d'une attestation de décision favorable.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Madame A B, ressortissante algérienne née le 11 décembre 1997 à Beni Douala (wilaya de Tizi Ouzou), entrée en France le 13 septembre 2023 munie d'un visa d'étudiant, a sollicité du préfet de police de Paris la délivrance d'un certificat de résidence algérien en cette qualité. Elle a bénéficié, le 16 novembre 2023, d'une attestation de décision favorable lui indiquant qu'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 18 novembre 2024 était en cours de fabrication et allait lui être remis. Elle a été convoquée à trois reprises en préfecture pour cette remise, qui n'a pu avoir lieu, l'administration ne retrouvant pas ce document. Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, elle doit être entendue comme demandant au juge des référés 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de police de Paris de lui remettre son certificat de résidence.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3 Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre ".

4 Pour justifier de la condition d'urgence, la requérante soutient que, sans ce titre de séjour, elle ne pourra pas commander la carte vitale, ouvrir un compte bancaire en ligne, avoir une carte " Sim " liée à un opérateur réseau, elle ne pourra pas voyager hors l'espace Schengen dans le but de ma recherche scientifique (assister à des séminaires, participer à des colloques, postuler à des bourses, réalisation d'une étude sur le terrain ), avoir un poste de travail de son choix et adéquat pour financer sa thèse, que seul ce titre lui permettra de s'inscrire à sa deuxième année de thèse, au mois de juillet et renouveler son titre de séjour.

5 Or, il résulte des dispositions rappelées au point précédent qu'elle bénéficie d'une attestation de décision favorable dont le but est précisément " de justifier de la régularité de son séjour " ainsi que de franchir les frontières de l'espace Schengen et donc de lui permettre d'engager toutes les démarches administratives nécessaires à son séjour et à ses études. Au surplus, le préfet de police de Paris a indiqué, dans son mémoire en défense enregistré le

31 juillet 2024, qu'une nouvelle fabrication de son titre avait été lancée le 19 juillet 2024.

6 Par suite, la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Madame B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée au préfet de police de Paris.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,