Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406970
lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406970 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, M. B A, représenté par Me Lindon, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au centre pénitentiaire de Fresnes de mettre en place un service d'interprétariat lors des démarches administratives et judiciaires afin de lui assurer la garantie effective de ses droits ;
2°) d'ordonner au centre pénitentiaire de Fresnes de rendre compte de la situation d'infestation des cellules par les punaises de lit et des efforts déployés depuis la dernière visite du contrôleur général des lieux privatifs de liberté ;
3°) d'ordonner au centre pénitentiaire de Fresnes de prendre les mesures nécessaires afin d'assainir sa cellule ou celle qu'il occupait au moment des dénonciations, en cas de changement de cellule " tactique " visant à se soustraire aux injonctions du tribunal, en rénovant les zones délabrées et notamment en nettoyant le mur des toilettes, désinsectisant son matelas, ou à défaut, en le déplaçant dans une cellule salubre ;
4°) d'ordonner au centre pénitentiaire de Fresnes de justifier des mesures prises en ce sens et de l'état de la cellule qu'il occupe ou qu'il occupait au moment des dénonciations, en cas de changement de cellule " tactique " visant à se soustraire aux injonctions du tribunal ;
5°) d'ordonner au centre pénitentiaire de Fresnes de rénover la cour de promenade du secteur Sud conformément aux recommandations du contrôleur général des lieux privatifs de liberté et du jugement du tribunal administratif de Melun du 20 juillet 2018, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
6°) d'ordonner à l'administration pénitentiaire de veiller à l'effectivité de ces mesures et à l'exécution de la décision à intervenir ;
7°) de mettre à la charge de l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'État dans le cas où il serait admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, lui verser la même somme.
Il soutient que, en détention provisoire depuis le 26 octobre 2023, il a fait état à l'administration pénitentiaire d'un certain nombre de manques relatifs à la salubrité de sa cellule et à ses conditions de détention, et que la condition d'urgence est satisfaite car il n'a pas été donné suite au jugement du tribunal administratif de Melun du 20 juillet 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une lettre du 26 février 2024, émanant de son conseil, M. A a formulé à la direction du centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne) plusieurs demandes relatives à ses conditions de détention, en informant en copie le magistrat instructeur de son affaire. La direction du centre pénitentiaire a répondu à celui-ci le 11 mars 2024. Par une requête enregistrée le 7 juin 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Fresnes de répondre à ses demandes.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administraon afdtive : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait également faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les demandes présentées par
M. A dans le cadre de la présente requête étaient pour l'essentiel déjà contenues dans sa lettre du 26 février 2024 adressée au directeur du centre pénitentiaire de Fresnes et que celui-ci y a répondu dans sa lettre du 1er mars 2024, tant en ce qui concerne la salubrité de sa cellule que l'accès à un interprétariat ou à un suivi médical.
5. Cette réponse ne pouvant être interprétée que comme une décision de rejet opposée aux différentes demandes de M. A, les mesures sollicitées du juge des référés par le requérant aboutiraient à y faire obstacle.
6. Par suite, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice (direction de l'administration pénitentiaire).
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,