Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407084
lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, la commune de L'Haÿ-les-Roses demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de prononcer la libération de l'emplacement sur le domaine public occupé illégalement par M. B, par tous moyens notamment la force publique, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Elle soutient que :
- en décembre 2022, M. B a signé une convention d'occupation du domaine public au sein de la halle de marché, pour la société Chez Lina ;
- à l'occasion des violences urbaines intervenues en juin 2023, l'emplacement occupé par M. B a été incendié, justifiant qu'il ait résilié son contrat d'occupation le 28 février 2024 ;
- la libération de l'emplacement correspondant, dégradé, est indispensable afin de mettre fin aux problèmes sanitaires et de sécurité qu'il présente, et de le mettre à la disposition d'un nouveau commerçant, alors que sans la mesure sollicitée, il n'est pas certain que
M. B quitte les lieux.
La requête a été communiquée le 11 juin 2024 à M. B, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, sur le fondement de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 28 juin 2024 à 14h00 en présence de
Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letort ;
- et les observations de Mme A, représentant la commune de L'Haÿ-les-Roses, dûment mandatée, qui soutient en outre qu'une année s'est écoulée depuis les émeutes et qu'ainsi elle a laissé à M. B le temps de réaménager son emplacement, mais qu'à l'inverse ce dernier a clairement manifesté son refus d'en prolonger l'occupation, et ne répond à aucune des tentatives de contact de la part de ses services.
M. B n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse. S'agissant de cette dernière condition, dans le cas où la demande d'expulsion fait suite à la décision du gestionnaire du domaine de retirer ou de refuser de renouveler le titre dont bénéficiait l'occupant et où, alors que cette décision exécutoire n'est pas devenue définitive, l'occupant en conteste devant lui la validité, le juge des référés doit rechercher si, compte tenu tant de la nature que du bien-fondé des moyens ainsi soulevés à l'encontre de cette décision, la demande d'expulsion doit être regardée comme se heurtant à une contestation sérieuse.
3. Il résulte de l'instruction que M. B, gérant de la société " Chez Lina ", a signé en décembre 2022 une convention d'occupation d'un emplacement au sein du marché couvert de la commune de L'Haÿ-lès-Roses, non insusceptible de se rattacher au domaine public. En conséquence de la destruction de ses installations lors d'émeutes intervenues en juin 2023, M. B a cessé son activité commerciale, et par un courrier du 27 février 2024, a sollicité la résiliation de son contrat d'occupation, que la commune a acceptée le lendemain. Toutefois, malgré plusieurs relances, le gérant de la société Chez Lina n'a pas libéré l'emplacement de son matériel d'exploitation. Par conséquent, en l'état de l'instruction, la demande présentée par la commune de L'Haÿ-les-Roses ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Enfin, la requérante se prévaut de l'urgence de cette demande, alors que le maintien du stand en litige dans un état dégradé présente des difficultés sanitaires et de sécurité.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a urgence à libérer l'emplacement, occupé désormais sans droit ni titre par la société Chez Lina, au sein du marché couvert de la commune de L'Haÿ-les-Roses, et d'enjoindre à M. B d'évacuer ces lieux, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
5. En revanche, il n'entre pas dans l'office du juge des référés d'autoriser la commune à demander à l'Etat le concours de la force publique pour l'exécution de cette décision.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. B et à tous occupants de son chef de libérer l'emplacement qu'il occupe sans droit ni titre au sein du marché couvert de la commune de L'Haÿ-les-Roses, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de L'Haÿ-les-Roses et à M. B.
La juge des référés, La greffière,
Signé : C. Letort Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,