Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407115

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407115
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par un ressortissant marocain demandant qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète a mis à disposition de l'intéressé une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 12 septembre 2024. Le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête, cette mesure ayant rendu la demande sans objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 juin 2024, M. B A, représenté par Me Zekri, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui attribuer un rendez-vous dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre le récépissé prévu à l'article R. 431-12 à l'issue du rendez-vous qui lui sera attribué, sous réserve de la complétude de son dossier, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à l'expiration du délai de huit jours

imparti ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité marocaine, il est entré en France régulièrement le 1er avril 2017 et a été titulaire de cartes de séjour dont la dernière est valable jusqu'au 29 juin 2024, qu'il a déposé une demande de renouvellement le 17 avril 2024, qu'il n'a eu aucune réponse, que son contrat de travail a été suspendu, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé bénéficiant d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 12 septembre 2024 ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant marocain né en 1968 à Lamrija (Région de l'Oriental), a bénéficié en dernier lieu d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 29 juin 2024, étant le conjoint depuis le 16 septembre 2017 d'une ressortissante française. Il en a demandé le renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 17 avril 2024. Ne pouvant plus démontrer la régularité de son séjour au-delà du 29 juin 2024, son contrat de travail à durée déterminée avec la commune de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) n'a pas été renouvelé. Il demande donc au juge des référés, par sa requête enregistrée le 11 juin 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre le récépissé mentionné à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de l'intéressé, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 12 septembre 2024.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de M. A, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 12 septembre 2024. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,