Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408052

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408052
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant tunisien, d'une demande d'injonction visant à obtenir un récépissé de sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de Français. Le juge a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'administration avait pris une décision favorable accordant le titre de séjour sollicité, rendant ainsi la demande de récépissé sans objet. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et a rejeté la demande de frais de justice, faute de justificatifs.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une production de pièces, enregistrées le 2 et le 30 juillet 2024,

M. A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer afin qu'il puisse obtenir un justificatif de la régularité de son séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une Française a été enregistrée par les services de la préfecture sans délivrance d'un récépissé, malgré ses demandes ;

- il souhaiterait pouvoir déclarer un changement de situation sur ANEF, en conséquence de la naissance de sa fille, mais toute modification est impossible dès lors que sa demande de titre est en cours d'instruction ;

- sans justificatif de la régularité de son séjour, il ne peut pas exercer d'activité

professionnelle alors que sa conjointe, en disponibilité depuis décembre 2022, vient de donner naissance à leur enfant et ne perçoit aucun revenu ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

" En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. M. B, ressortissant tunisien né le 1er juin 1955, entré en France le 4 novembre 2021, a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne le 6 juillet 2023 d'une demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une citoyenne de l'Union européenne, qui a été close. Le 12 octobre suivant, le requérant a présenté une demande de rendez-vous afin de déposer une nouvelle demande de titre de séjour, fondée sur sa qualité de conjoint d'une Française, qui a été enregistrée le 4 mars 2024. M. B demande qu'il soit enjoint à la préfète du

Val-de-Marne de le convoquer afin de lui remettre un récépissé.

3. Toutefois, il résulte de l'instruction que postérieurement à l'enregistrement de sa requête, M. B a reçu une décision favorable à sa demande de délivrance d'un titre de séjour, permettant de justifier de la régularité de son séjour, et a été informé de la mise en fabrication de ce titre. Par conséquent, la demande du requérant tendant à sa convocation pour obtenir un récépissé est désormais dépourvue d'objet. Il s'ensuit qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais de justice :

4. M. B ne justifie pas des frais qu'il aurait engagés dans la présente instance. Par conséquent, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par

M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,