Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408499
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, M. B A, représenté par
Me Ardakani, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer dans les sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne d'enregistrer sa demande de titre de séjour comme étant un changement de statut de " travailleur temporaire " à " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de poursuivre l'instruction sur ce fondement ;
3°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail dans les sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la préfète du Val-de-Marne la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité malienne, il est arrivé en France mineur et a été placé à l'aide sociale à l'enfance, qu'il a été scolarisé et a obtenu à sa majorité un premier titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", qu'il a obtenu un titre professionnel en mars 2020, que son titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 26 janvier 2021, qu'il en a sollicité le renouvellement et a été maintenu sous récépissés jusqu'au 8 novembre 2022, qu'il a demandé le 4 novembre 2022 une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sénégalais, que la préfecture continue d'instruire son dossier comme une dossier de travailleur temporaire et ne lui délivre plus aucun récépissé en lui demandant de produire une autorisation de travail, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et un changement de statut et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 18 octobre 2024 pour le dépôt de sa demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 24 octobre 2000 à Guinanourou (Région de Kayes) a été placé à l'aide sociale à l'enfance à son arrivée sur le territoire en mars 2017. Il a obtenu un titre professionnel de coffreur-blancheur et a obtenu à sa majorité des titres de séjour portant la mention " travailleur temporaire " dont le dernier, délivré par le préfet de la
Seine-Saint-Denis, était valable jusqu'au 26 janvier 2021. Il en a demandé le renouvellement à la préfète du Val-de-Marne et ne s'est vu délivrer que des récépissés de demande de titre de séjour dont le dernier était valable jusqu'au 8 novembre 2022. Le 4 novembre 2022, il a sollicité de la préfète du Val-de-Marne un changement de statut pour obtenir un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il n'a reçu aucune réponse, les services de la préfecture du Val-de-Marne continuant d'instruire sa demande de renouvellement comme travailleur temporaire et lui demandant à plusieurs reprises de produire une autorisation de travail. Par sa requête enregistrée le 11 juillet 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du
Val-de-Marne de le convoquer afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour et d'enregistrer sa demande de titre de séjour comme étant un changement de statut de " travailleur temporaire " à " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de poursuivre l'instruction sur ce fondement. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A pour le 18 octobre 2024 afin qu'il dépose son dossier de demande de titre de séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué
M. A pour le 18 octobre 2024 à 10 heures en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais irrépétibles :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,