Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408685
samedi 17 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Cissé, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de votre ordonnance, de prendre, sans délai, toutes mesures utiles, afin qu'il lui soit permis d'obtenir une date de rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de ses 10 ans de présence en France, également en qualité de partenaire d'une personne en situation régulière et en qualité de parent d'enfant scolarisé en France ;
2) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés pour sa défense (photocopies, téléphones, courriers, consultations, etc.), en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité malienne, il est entré en France le 7 mars 2014, qu'il a conclu un pacte civil de solidarité le 25 mai 2023 avec une compatriote, en situation régulière, qu'ils ont eu trois enfants nés en août 2018, septembre 2019 et février 2021, qu'il travaille sous alias depuis le 21 décembre 2018 comme agent de service pour la même société, qu'il a déposé le 11 mars 2024 en préfecture du Val-de-Marne une demande de rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, qu'il n'a eu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il remplit les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le
12 septembre 2024 pour le dépôt de son dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 16 avril 1986 à Takaba (Région de Kayes), entré en France le 7 mars 2014 pour y solliciter l'asile, a vu sa demande d'asile rejetée par une décision la Cour nationale du droit d'asile du 7 mai 2015. Il indique avoir conclu un pacte civil de solidarité le 25 mai 2023 en mairie de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) avec une compatriote titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, avec qui il a eu trois enfants nés en août 2018, septembre 2019 et février 2021. Il a déposé, le 11 mars 2024, en préfecture du Val-de-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Il n'a reçu aucune réponse, malgré une relance du service du 8 juin 2024. Il demande donc au juge des référés, par sa requête enregistrée le 15 juillet 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a indiqué qu'elle avait convoqué l'intéressé pour le 12 septembre 2024 à 14 heures 30 pour le dépôt de son dossier.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué
M. A le 12 septembre 2024 pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : Les conclusions de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,