Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408731
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408731 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. A D, représenté par Me Riou, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 11 juin 2024 par laquelle le
groupe hospitalier Paul Guiraud l'a rétroactivement placé en congé de maladie ordinaire du
16 novembre 2023 au 26 février 2024 ;
2°) d'enjoindre au groupe hospitalier Paul Guiraud de reconnaître a posteriori la prise en charge de l'ensemble des arrêts de maladie et des soins au titre de la législation relative aux accidents de trajet à compter du 16 novembre 2023 et dans le calcul de son avancement et de ses droits à la retraite ;
3°) d'enjoindre au groupe hospitalier Paul Guiraud de prendre en charge rétroactivement l'ensemble des frais médicaux engagés, outre le versement rétroactif de son entier traitement ;
4°) de mettre à la charge du groupe hospitalier Paul Guiraud la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à la recevabilité du référé suspension est remplie dès lors qu'il a déposé une requête au fond ;
- la condition tenant à l'urgence est remplie, la décision attaquée ayant eu pour effet de le placer à demi-traitement du 14 février 2023 au 26 février 2024 ; à supposer qu'il n'ait été placé à demi-traitement qu'à compter du 14 février 2024, cette décision entraîne une perte de rémunération substantielle alors qu'il est père d'un enfant à charge, dans le cadre d'une garde alternée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
* la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas démontrée ;
* la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine du conseil médical ;
* elle a procédé au retrait rétroactif des décisions par lesquelles il a été placé en congés pour invalidité temporaire imputable au service, en méconnaissance du délai de quatre mois fixé à l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
* elle est entachée d'une erreur de fait quant aux dates retenues entre le congé d'invalidité temporaire imputable au service et le congé de maladie ordinaire ;
* elle est entachée d'une erreur de droit, de faits et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique dès lors que le trouble anxio-dépressif dont il souffre doit être rattaché à l'accident de trajet initial ; son état de santé psychique n'était ni guéri, ni consolidé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 juillet 2024 sous le n° 2408735 par laquelle
M. C B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Luneau pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, infirmier en soins généraux au sein de l'unité hospitalière spécialement aménagée du centre pénitentiaire de Fresnes, relevant du groupe hospitalier
Paul Guiraud, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 11 juin 2024 par laquelle le groupe hospitalier Paul Guiraud l'a placé en congé de maladie ordinaire du
16 novembre 2023 au 26 février 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. M. D fait valoir qu'il devait être placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service en raison de l'accident de trajet dont il a été victime le
11 octobre 2022 et continuer à percevoir son plein traitement alors que la décision litigieuse le place en congé de maladie ordinaire à plein traitement pour la période du 17 novembre 2023 au
13 février 2024 et à demi-traitement pour la période du 14 février au 26 février 2024, ce qui le place dans une situation financière précaire dès lors qu'il père d'un enfant à charge dont il assume la garde en alternance.
5. Si la perte du demi-traitement d'un agent est susceptible de créer une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, il appartient à l'intéressé de produire l'ensemble des pièces démontrant l'incidence de la décision attaquée sur sa situation financière. Or, M. D ne justifie pas de la précarité de sa situation en raison de son placement à demi-traitement sur la période courant du 14 au
26 février 2024, ce qui ne permet pas au juge des référés, en l'absence d'éléments relatifs aux ressources et aux charges du foyer de l'intéressé, d'apprécier si la décision attaquée préjudicie effectivement de manière grave et immédiate à sa situation. Dès lors, la condition tenant à l'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.
6. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens soulevés sont susceptibles de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, la requête en référé de
M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l'article
L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D.
Fait à Melun, le 29 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé : F. Luneau
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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