Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408749
mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408749 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Richard, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision de clôture de sa demande de titre de séjour prise par la préfète du Val-de-Marne le 16 avril 2024 par laquelle elle a refusé d'enregistrer le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au titre des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois et dans l'attente e lui renouveler son attestation de prolongation d'instruction en application des dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est caractérisée par :
- il ne s'est pas vu délivrer d'attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour et a perdu son emploi chez Hippopotamus à Créteil ; deux mois après l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, il a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction et dix jours plus tard il a retrouvé un emploi chez Hippopotamus à Pontault-Combault ; il n'a plus d'attestation et risque de perdre son poste, d'autant plus qu'il ne pourra plus déposer une nouvelle demande de titre de séjour sur " Administration numérique des étrangers en France " car son titre de séjour est expiré depuis plus de neuf mois ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
- la décision en litige est entachée d'incompétence ; l'agent instructeur qui a adopté cette décision ne peut être identifié et ainsi, il ne peut justifier d'une délégation de signature régulière ;
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen sérieux, dès lors qu'il réside en France depuis 8 ans et qu'il est le père de trois enfants français ; dans ces conditions, il n'est pas sérieux de lui opposer la circonstance que la date de naissance d'un enfant n'aurait pas été correctement renseigné dans l'application pour clôturer sa demande ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il entretient une communauté de vie avec une ressortissante française depuis 2018, il est père de trois enfants français (nés les 25 décembre 2015, 1er mars 2018, et 30 mai 2020) ; il est premier commis de cuisine au restaurant Hippopotamus et travaillait pour l'établissement de Créteil de janvier 2021 à juin 2023 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'arrêté du 10 juin 2022 codifié à l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 23 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis, conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur la requête de M. A et à titre subsidiaire au rejet de cette requête.
Elle fait valoir que M. A a reçu une convocation pour déposer le 25 juillet 2024 son dossier administratif.
Par un mémoire enregistré le 30 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Richard, se désiste de ses conclusions aux fins de suspension, mais entend maintenir ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 juillet 2024 sous le numéro 2408759 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mahieu, greffière d'audience, M. B a lu son rapport, les parties n'y étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant comorien, né le 15 janvier 1982 à Ivembni (Comores), a été mis en possession d'une carte de séjour temporaire expirant le 2 juillet 2023 en qualité de parent d'enfant français. Le requérant a sollicité le renouvellement de son titre de séjour que le 4 juillet 2023 sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 18 septembre 2023 au 17 décembre 2023. Sa demande a été clôturée le 16 avril 2024 au motif que " au regard des éléments en notre possession, le dossier ne peut faire l'objet d'une instruction pour la raison suivante : merci de reformuler votre demande en veillant à bien compléter l'identité de votre enfant (date de naissance). ". Postérieurement à sa requête, soit le 17 juillet 2024, l'autorité administrative a convoqué M. A en préfecture du Val-de-Marne le 25 juillet 2024 afin d'y déposer son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour. Après le dépôt de ce dossier, M. A a été mis en possession d'un récépissé valable jusqu'au 24 janvier 2025 qui l'autorise à travailler en application des dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (). "
3. En premier lieu, par son mémoire enregistré le 30 juillet 2024, M. A a déclaré qu'en conséquence de la délivrance d'un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, il se désistait de ses conclusions aux fins de suspension présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Ce désistement est pur et simple. Par suite, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. En deuxième lieu, M. A s'est désisté de ses seules conclusions aux fins de suspension de la décision de refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour qui a été révélée par la clôture de son précédent dossier. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'un élément ferait obstacle au réexamen de la situation de l'intéressé, suite au dépôt d'un nouveau dossier par le requérant le 25 juillet 2024 en préfecture, dépôt qui s'est accompagné de la délivrance d'un récépissé de demande de carte de séjour. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui ont été maintenues, mais qui n'étaient que l'accessoire des conclusions aux fins de suspension présentées antérieurement, ont perdu leur objet au cours de l'instance. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
5. En troisième lieu, il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension présentées par M. A.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L'Etat (préfecture du Val-de-Marne) versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2024.
Le juge des référés,
S. BLa greffière,
C. MAHIEU
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,