Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408827
mercredi 28 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408827 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, Madame D B, agissant en qualité de mandataire judiciaire de M. A C, représentée par Me Diawara, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de fabriquer un duplicata du titre de séjour de M. C valable du 22 juin 2015 au 21 juin 2025 dans un délai de 15 jours et de lui fixer un rendez-vous pour lui remettre, sous astreinte de 150 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 et L911-2 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un laissez-passer l'autorisant à franchir les frontières
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre des frais irrépétibles engagés pour l'instance et non compris dans les dépens par application de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que M. C, de nationalité malienne, a bénéficié d'une carte de résident valable jusqu'au 21 juin 2025 dont il a déclaré le vol le 16 juin 2022 et sollicité la délivrance d'un duplicata, qu'il n'a eu une attestation de décision favorable que le 24 août 2023 lui indiquant qu'un duplicata était en cours de fabrication et allait lui être délivré, que cette remise n'a jamais eu lieu, que cette attestation l'empêche de voyager et de demander la nationalité française, que la condition d'urgence est satisfaite car il a prévu un voyage en décembre 2024 et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative puisqu'il a bénéficié d'une attestation de décision favorable.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, le duplicata de titre de séjour de l'intéressé étant en cours de fabrication depuis le 7 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 M. A C, ressortissant malien né le 25 septembre 1986 à Kita, a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, le 16 juin 2022, une demande de duplicata de sa carte de résident valable jusqu'au 21 juin 2025. Le 24 août 2023, la préfète du Val-de-Marne a mis à sa disposition sur son compte ouvert sur cette plateforme une attestation de décision favorable lui indiquant qu'un duplicata de cette carte de résident était en cours de fabrication et allait lui être délivré. Cette remise n'a jamais été effectuée. Madame D B, agissant en qualité de mandataire judiciaire, a donc demandé donc au juge des référés, par sa requête enregistrée le 18 juillet 2024, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de fixer à
M. C un rendez-vous pour se voir remettre ce duplicata.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3 Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre ".
4 Pour justifier de la condition d'urgence, le requérant soutient qu'en l'absence de ce duplicata il est obligé de reporter un voyage dans son pays d'origine depuis deux ans pour aller voir son père. Or, il résulte d'une part de l'attestation de prolongation d'instruction qui a été mise à sa disposition par la préfète du Val-de-Marne que " ce document autorise le franchissement des frontières de l'espace Schengen " et d'autre part que le duplicata de sa carte de résident a été mise en fabrication le 7 août 2024 et lui sera remise dans les prochaines semaines.
5 Par suite, la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la requête de
Madame D B, agissant en qualité de mandataire judiciaire de M. A C ne pourra qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Madame D B, agissant en qualité de mandataire judiciaire de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame D B, agissant en qualité de mandataire judiciaire de M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,