Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408905

vendredi 2 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408905
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a modifié son ordonnance du 11 juillet 2024 qui avait suspendu l'exécution du refus de renouvellement de titre de séjour opposé à Mme A, ressortissante algérienne. Il a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois et de lui délivrer, sous deux jours, une autorisation provisoire de séjour sans autorisation de travail, conformément à l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La demande d'astreinte a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, Mme B C, épouse A, représentée par Me Walther, demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures initialement ordonnées le 11 juillet 2024 et d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne :

1°) d'une part, de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour avec une autorisation de travail, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) et d'autre part, de réexaminer sa situation à fin de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Elle indique avoir initialement sollicité suite à une erreur de plume la délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " au lieu du réexamen de sa situation administrative et la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et que la décision du juge des référés de ce tribunal du 11 juillet 2024 ayant suspendu l'exécution de la décision de la préfète du Val-de-Marne lui ayant refusé le renouvellement de son titre de séjour demeure sans effet.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (requête n°2407557) du 11 juillet 2024.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bourdin, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 30 juillet 2024 à 15h00 en présence de

Mme Mahieu, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de Mme Bourdin,

- les observations de Me Arvay représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.

La préfète du Val-de-Marne n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 16h16.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, épouse A, ressortissante algérienne née le 23 avril 1962 à Bouzeguene, entrée en France le 18 mars 2018 sous couvert d'un visa de court séjour, a bénéficié de certificats de résidence mention " vie privée et familiale " pour motifs de santé régulièrement renouvelés jusqu'au 1er septembre 2023. Par un arrêté du 30 avril 2024, la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par la requérante, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désigné le pays de destination. L'exécution de cet arrêté a été suspendue par le juge des référés du tribunal administratif de Melun dans son ordonnance susvisée du 11 juillet 2024. Par la présente requête, Mme A demande que des injonctions, sous astreinte, de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de réexamen soit ajoutée à cette ordonnance.

2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

3. Il ressort des pièces du dossier que par ordonnance du 11 juillet 2024, le juge des référés de ce tribunal a suspendu l'exécution de la décision du 30 avril 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de certificat de résidence algérien présentée par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Dans ces conditions, il y a lieu de modifier les termes de l'ordonnance du 11 juillet 2024 et d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de titre de séjour de

Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 2 jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu en application de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'assortir cette autorisation provisoire de séjour d'une autorisation de travail. De même, il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est ajouté au dispositif de l'ordonnance du 11 juillet 2024 (requête n° 2407557), après l'article 1er, un article rédigé comme suit :

" Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme C épouse A dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de deux jours suivant la notification de la présence ordonnance, une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen. "

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, épouse A et au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.

Copie sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 2 août 2024.

La juge des référés,

Signé : S. BOURDIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,