Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409001

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409001
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
FormationChambre Référés 13
Avocat requérantACTIS AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. A, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, pour obtenir l'exécution d'un jugement du 17 août 2023 qui enjoignait à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. La préfète a convoqué l'intéressé sept mois après la notification du jugement et lui a remis un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail. Le tribunal a constaté que l'injonction de réexamen avait été exécutée, bien que tardivement, et a donc décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande d'exécution.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre du 21 novembre 2023, M. C A, représenté par Me Legrand, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution de la décision du 17 août 2023, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Il indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette décision, plus de trois mois après sa notification.

La demande initiale de M. A a été communiquée le 29 novembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucune observation.

Des rappels en vue de l'exécution de la décision du 17 août 2023 ont été transmis à la préfète du Val-de-Marne les 30 janvier et 21 mars 2024.

Par une ordonnance du 4 juillet 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de la décision du 17 août 2023.

La préfète du Val-de-Marne a communiqué une pièce complémentaire le 4 août 2024.

M. C A, représenté par Me Legrand, a présenté des observations le 5 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Melun (requête n° 2210023) du 17 août 2023 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Madame Darnal, greffière d'audience, M. Aymard a présenté son rapport, en l'absence de l'intéressé et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du 17 août 2023, le magistrat désigné par la présidente du présent tribunal a d'une part annulé la décision du 11 octobre 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne avait fait obligation à M. C A, ressortissant ukrainien né le 16 août 1970 à Doubno (oblast de Rivne), de quitter sans délai le territoire français, avait fixé le pays de renvoi et avait prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans, et, d'autre part, enjoint à cette autorité de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. La préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette décision. Par une lettre du 21 novembre 2023, M. A a demandé à la présidente du présent tribunal d'assurer l'exécution de cette décision. La préfète du Val-de-Marne n'ayant produit aucune observation lors de la phase administrative, une procédure juridictionnelle a été ouverte le 4 juillet 2024.

2. Aux termes d'une part de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a convoqué M. A que le 19 mars 2024, soit sept mois après la notification de la décision du 17 août 2023, aux fins de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour et lui a remis à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour, avec autorisation de travail, valable trois mois, qui a été renouvelé le 10 juillet 2024 jusqu'au 9 octobre 2024.

4. Dans ces conditions, et quand bien même cette exécution serait tardive, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, l'injonction prononcée par le magistrat désigné dans sa décision du 17 août 2023 étant une injonction de réexamen et non de délivrance d'un titre de séjour, et l'intéressé ayant précisé, dans son mémoire du 5 août 2024 que les frais d'instance lui avait été versés par la préfète du Val-de-Marne.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A et à la préfète du Val-de-Marne.

Le magistrat désigné, La greffière,

M. Aymard B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2409001