Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409012

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409012
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantKELES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. C d'une demande d'exécution d'une ordonnance du 19 octobre 2023 enjoignant à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident. Si la préfète a finalement remis une carte de résident correcte le 5 août 2024, M. C a constaté que les informations erronées sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) n'avaient pas été corrigées. Le juge de l'exécution rappelle qu'il ne peut que veiller à l'exécution de la chose jugée sans pouvoir interpréter ou étendre la portée du dispositif de la décision initiale. En l'espèce, l'ordonnance du 19 octobre 2023 n'ayant pas enjoint la correction des données sur la plateforme ANEF, la demande d'exécution est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre enregistrée le 1er décembre 2023, M. B C, représenté par Me Keles, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande d'exécution de l'ordonnance du juge des référés du 19 octobre 2023.

Il indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette ordonnance, en ne procédant pas à la correction de son identité sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France.

La demande initiale de M. C a été communiquée le 7 décembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a présenté aucune observation.

Le 30 janvier 2024, Me Keles, représentant M. C, conclut aux mêmes fins, eu égard à l'absence de réponse de la préfète du Val-de-Marne.

Des rappels de cette demande d'exécution ont été communiqués les 7 février et 21 mars 2024 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'ont fait l'objet d'aucune réponse.

Le 2 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, a convoqué M. C en vue du retrait de sa carte de résident.

Par une ordonnance du 4 juillet 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 19 octobre 2023.

Le 12 juillet 2024, Me Keles, représentant M. C, a indiqué qu'aucune carte de résident corrigée ne lui a été délivrée le 2 juillet 2024 mais uniquement un récépissé de demande de titre de séjour.

Le 25 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, a communiqué au tribunal un extrait du fichier national des étrangers indiquant qu'une carte de résident au nom de M. C était à sa disposition en préfecture.

Le 30 juillet 2024, Me Keles, représentant M. C, conclut aux mêmes fins.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (requête n° 2305890 du 19 octobre 2023 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Madame Darnal, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Keles, représentant M. C, requérant, présent, qui indique qu'il dispose de sa nouvelle carte de résident depuis le 5 août 2024 mais que les informations sur la plateforme de l'Administration nationale pour les étrangers en France n'ont pas été corrigées, ce qui empêche son épouse de demander un titre de séjour.

La préfète du Val-de-Marne, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.

Le 27 août 2024, Me Keles, représentant M. C, conclut aux mêmes fins.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance du 19 octobre 2023, la juge des référés du présent tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de renouveler le récépissé de M. C dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance et de prendre sans délai toutes mesures qui s'imposent pour remédier à tout blocage, de quelque nature qu'il soit, faisant obstacle à la délivrance à celui-ci de la carte de séjour à laquelle il a droit en qualité de réfugié et pour laquelle la préfète avait pris une décision favorable, afin que cette carte de séjour lui soit remise dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de de 50 euros par jour de retard. Le 7 novembre 2023, l'intéressé a été convoqué en préfecture du Val-de-Marne et il lui a été remis ce jour-là une carte de résident erronée, ses nom et prénom étant inversés. Il indique avoir immédiatement signalé cette erreur à l'administration qui lui a répondu qu'une nouvelle convocation lui serait délivrée dans les dix jours en vue de la rectification de sa carte de résident. Cette convocation ne lui a jamais été octroyée. Par une demande du 1er décembre 2023, M. C a saisi le présent tribunal d'une demande d'exécution de l'ordonnance du 19 octobre 2023. Le 2 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. C pour le 4 en vue de la remise de sa nouvelle carte de résident. Toutefois, ce jour-là seul un récépissé lui a été remis. Une phase juridictionnelle a été ouverte le 4 juillet 2024. Une carte de résident, comportant les nom et prénom exacts de l'intéressé, valable jusqu'au 29 mai 2031, lui a été délivré le 5 août 2024. Toutefois, l'intéressé a constaté que les mentions sur son dossier enregistré sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France n'avaient pas été modifiées. Il précise également que la carte de résident de son épouse n'a pas été modifiée.

2. Aux termes de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ".

3. S'il appartient au juge de l'exécution, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'ordonner l'exécution de la chose jugée, il n'a pas le pouvoir de remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. Il ne lui appartient pas en principe d'interpréter cette décision.

4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a délivré au requérant, le 5 août 2024, une carte de résident en qualité réfugié comportant les mentions exactes de ses nom et prénom. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. C sur le fondement de l'article L 911-4 du code de justice administrative, en exécution de l'ordonnance du 19 octobre 2023, les autres demandes formées dans le cadre de cette procédure, à savoir la modification des informations d'état-civil de son dossier sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France et la correction de la carte de résident de son épouse constituant des litiges distincts.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la demande présentée par M. C sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés, La greffière,

A : M. Aymard A : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2409012