Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409025

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409025
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Avocat requérantSOH MOUAFO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Mme B d’une demande d’exécution d’une ordonnance du 20 décembre 2023, qui enjoignait à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction avec autorisation de travail. Après avoir constaté que la préfète avait finalement délivré un récépissé valable six mois le 16 juillet 2024, le juge a estimé que l’ordonnance avait été exécutée, bien qu’avec un retard de plus de sept mois. En application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, il a prononcé un non-lieu à statuer sur la demande d’exécution.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre du 5 janvier 2024, Mme C B, représentée par Me Soh Mouafo, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance du juge des référés du 20 décembre 2023 qui avait enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail dans un délai de huit jours.

Elle indique que la préfète du Val-de-Marne n'a exécuté cette ordonnance en aucun de ses points.

La demande initiale de Mme B a été communiquée le 30 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucune observation.

Un rappel en vue de l'exécution de l'ordonnance du 20 décembre 2023 a été transmis à la préfète du Val-de-Marne le 21 mars 2024.

Le 4 juillet 2024, la préfecture du Val-de-Marne a communiqué au tribunal une convocation de Mme B pour le 16 juillet 2024 " dans le cadre de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ".

Par une ordonnance du 10 juillet 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 20 décembre 2023.

Le 24 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a communiqué au tribunal l'extrait du fichier national des étrangers montrant que l'intéressée a été bénéficiaire d'un récépissé de carte de séjour le 16 juillet 2024 valable six mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (requête n° 2312109) du 20 décembre 2023 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence de la requérante et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance du 20 décembre 2023, le juge des référés du présent tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme C B un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance. Par une lettre du 5 janvier 2024, émanant du conseil de la requérante, le présent tribunal a été informé que la préfète du Val-de-Marne n'avait pas exécuté cette ordonnance. Le 4 juillet 2024, la préfecture du Val-de-Marne a communiqué au tribunal une convocation de Mme B pour le 16 juillet 2024 " dans le cadre de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ". Une procédure juridictionnelle a été ouverte le 10 juillet 2024. Le 24 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a communiqué au tribunal l'extrait du fichier national des étrangers montrant que l'intéressée a été bénéficiaire d'un récépissé de carte de séjour le 16 juillet 2024 valable six mois.

2. Aux termes d'une part de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne, le 16 juillet 2024, a délivré à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois. Elle doit donc être réputée avoir exécuter l'ordonnance du 20 décembre 2023 à cette date, même si c'est avec plus de sept mois de retard. Par suite, il n'y a plus de statuer sur la demande d'exécution présentée par Mme B.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution de l'ordonnance du 20 décembre 2023 du juge des référés du présent tribunal.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés, La greffière,

M. Aymard A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2409025