Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409103
mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), représentée par son directeur général, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion sans délai de M. A C, du logement qu'il occupe au sein de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard au-delà du délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance ;
2°) de l'autoriser à procéder, au besoin avec le concours d'un serrurier et de la force publique, à la libération du logement ainsi occupé.
La requérante soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir, dès lors que M. C occupe sans droit ni titre un logement appartenant au domaine public de l'établissement public de santé depuis le 30 juin 2022 du fait de son départ à la retraite ;
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'intéressé ne dispose d'aucun droit à se maintenir dans le logement en cause et qu'elle souhaite installer dans le logement en cause l'un de ses agents dont le métier est en tension, que cela soit au titre d'une nécessité absolue de service ou pour des raisons sociales ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'elle mettra un terme à une situation illicite de maintien sans droit ni titre sur le domaine public de l'AP-HP ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée à M. C, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Meyrignac, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 13 août 2024 :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les observations de Mme B, représentant l'AP-HP, qui maintient ses conclusions et moyens et précise que M. C n'a toujours pas quitté son logement.
M. C, dûment convoqué, n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'une procédure d'urgence sociale, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a, le 19 juillet 2013, concédé à titre précaire et révocable à M. C, adjoint-administratif, un studio situé au sein de l'Hôpital du Kremlin-Bicêtre. Par un courrier du 10 décembre 2021, l'AP-HP lui a demandé la restitution de ce logement à compter du 30 juin 2022 au regard de son prochain départ à la retraite. L'intéressé n'ayant pas quitté ce logement, l'AP-HP demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. C du logement en cause.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un occupant sans titre du domaine public, le juge des référés y fait droit si, à la date à laquelle il statue, la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
3. Il résulte de l'instruction, que l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a concédé à titre précaire et révocable à M. C le studio n° 17 de la Cour des Massacres situé dans l'enceinte de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Dès lors, l'intéressé qui a, au demeurant, fait valoir ses droits à la retraite en 2022 ne dispose plus d'aucun droit ou titre l'habilitant à occuper ledit logement, dans lequel il continue de se maintenir. Dans ces conditions, la demande de l'AP-HP ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. Il résulte également de l'instruction que le maintien de M. C dans le logement qu'il occupe empêche l'AP-HP de loger ses agents en activité. Ainsi, le maintien dans les lieux de l'intéressé compromet le bon fonctionnement du service public dont celle-ci est chargée. Par suite, la mesure sollicitée présente un caractère d'urgence et d'utilité.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. C de libérer le logement qu'il occupe sans droit ni titre, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Il y a également lieu d'ordonner l'expulsion forcée de l'intéressé, le cas échéant avec le concours de la force publique, si, passé ce délai, il n'a pas quitté ce logement.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. C de libérer le logement qu'il occupe irrégulièrement à la Cour des Massacres au sein de l'Hôpital du Kremlin-Bicêtre, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard. En cas d'inexécution de cette injonction, l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris pourra faire procéder, au besoin avec le concours de la force publique, à l'expulsion forcée de l'intéressé.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à M. A C.
Copie dématérialisée en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 13 août 2024.
Le juge des référés,
P. MEYRIGNAC
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. TAROT