Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409186
samedi 27 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409186 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, M. B A, représenté par
Me Carles, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au département du Val-de-Marne de l'intégrer en urgence dans une structure d'hébergement adaptée à son âge et d'assurer une prise en charge de ses besoins essentiels jusqu'à ce que l'autorité judiciaire ait définitivement statué sur son recours fondé sur les articles 375 et suivants du code civil, dans le délai de douze heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne le versement d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est malien et est âgé de 15 ans ; il a été entendu par le service d'évaluation et de mise à l'abri France terre d'asile le 13 juin 2024, qui a conclu que les éléments recueillis ne permettent pas de plaider en faveur de sa minorité ; il a en conséquence été mis fin à sa mise à l'abri provisoire ;
- il dispose de la capacité à agir pour obtenir un hébergement d'urgence en tant que mineur isolé étranger ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est mineur, sans représentant légal en France, qu'il dort dans la rue depuis qu'il a été mis fin à son accueil provisoire d'urgence alors qu'il est particulièrement vulnérable et ne dispose d'aucune ressource ni soutien financier ou matériel ; son recours devant le juge des enfants étant pendant, il ne bénéficie ni d'une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département, ni d'un accès aux structures d'urgence réservées aux personnes majeures sans domicile ;
- il est porté atteinte de manière grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales constituées par l'intérêt supérieur de l'enfant, le droit à la vie et à la dignité, le droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, le droit à un hébergement et une prise en charge adaptés à sa qualité de mineur et le droit au recours effectif ; le département du Val-de-Marne a porté une appréciation manifestement erronée sur sa qualité de mineur isolé dès lors notamment que son âge et par suite sa minorité sont établis par son passeport original qu'il a présenté lors de son entretien d'évaluation, dont l'authenticité n'a pas été remise en cause et dont les mentions peuvent être sérieusement remises en cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2024, le département du
Val-de-Marne, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'extrême urgence n'est pas remplie dès lors que M. A a présenté sa requête plus de quarante jours après la notification de la décision du 14 juin 2024 de refus de prise en charge, que son récit ne permet pas de tenir sa minorité comme étant crédible et qu'au demeurant, le juge des enfants n'a pris aucune mesure provisoire de placement depuis sa saisine ;
- il n'y a pas d'atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées, au regard de l'avis rendu par l'évaluateur en vertu de l'article R. 221-11 du code de l'action sociale et des familles motivé aux termes d'une évaluation particulièrement développée, qui met en lumière une divergence des versions apportées par M. A sur de nombreux sujet et des incohérences dans ses propos ainsi que dans son récit relatif à sa famille et son parcours migratoire, du refus du requérant de se prêter à l'évaluation en préfecture, ainsi que de l'absence de force probante du passeport produit qui ne constitue pas un document d'état civil, qui n'est pas accompagné des pièces d'état civil qui en ont permis l'établissement, dans un délai au demeurant extrêmement bref qui interroge.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 26 juillet 2024 en présence de Mme Dusautois greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Carles, représentant M. A, arrivé en cours d'audience, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et fait en outre valoir la circonstance que le juge des enfants n'a pas ordonné de mesure provisoire n'exonère pas le département de ses responsabilités, qu'il n'est pas contesté que le passeport ne constitue pas un document d'état civil, mais qu'il s'agit d'un document original dont rien ne permet de remettre en cause l'authenticité, que le département n'en a d'ailleurs pas demandé l'expertise, que les évaluations faites par le département sont par principe subjectives et effectuées dans un contexte de surcharge du service, que les incohérences relevées ne peuvent être retenues dès lors que le requérant comprend et parle mal le français et qu'il n'est âgé que de 15 ans et que les réponses données ne doivent pas être appréciées par rapport à nos standards ou nos propres références, que le délai d'établissement du passeport du requérant ne permet pas de considérer qu'il pourrait être frauduleux, que le requérant n'a plus de lien avec sa famille et ne pourra pas obtenir de documents d'état civil, que le passeport a bien été délivré le 12 décembre 2023 et que c'est le conseil du requérant qui s'est trompé sur la durée du parcours migratoire de l'intéressé ;
- et les observations de Me Cano, représentant le département du Val-de-Marne, qui s'en réfère au mémoire en défense et fait en outre valoir en premier lieu que l'urgence en peut être tenue pour caractérisée, dès lors que le juge des enfants a été saisi et n'a pas jugé nécessaire de prendre des mesures provisoires, alors qu'il a eu le même dossier que celui sur la base duquel le département s'est prononcé et celui qui est présenté devant le tribunal administratif dont le délai de saisine interroge, en deuxième lieu que le délai d'obtention du passeport n'est pas cohérent avec la durée alléguée du parcours migratoire du requérant, que ce passeport indique une profession cultivateur, ce qui est étranger pour un mineur et ne correspond pas au récit du requérant, cette profession étant en revanche celle de son père, en troisième lieu que le récit du requérant, dont l'évaluation a été faite par le biais d'un interprète, n'est pas crédible compte tenu des imprécisions ou incohérences qu'il comporte ;
La parole ayant été donnée à M. A, qui, ne comprenant et ne parlant pas suffisamment le français, n'a pu présenter d'observations utiles.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale () ".
2. Il résulte de l'instruction que M. A, qui se présente comme étant un ressortissant malien âgé de quinze ans, a été mis à abri par France terre d'asile, mandaté par le département du Val-de-Marne, en tant que mineur isolé le 5 juin 2024. Il a fait l'objet le 13 juin 2024 d'une évaluation de sa situation et de son âge en étant assisté d'un interprète par téléphone. Le rapport établi à l'issue de cette évaluation conclut que les éléments recueillis ne permettent pas, pris ensemble, et en dépit d'un passeport original produit, de retenir la minorité de l'intéressé. Sur la base de ce rapport, le président du département du Val-de-Marne a, par décision du 14 juin 2024, refusé de poursuivre la prise en charge de M. A. Ce dernier a alors saisi le juge des enfants afin de bénéficier d'une mesure d'assistance éducative, qui l'a convoqué pour le 4 décembre 2024. Par la requête susvisée, présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. A demande au tribunal d'ordonner au département du Val-de-Marne de lui procurer un hébergement le temps que le juge des enfants statue.
Sur les dispositions applicables :
3. L'article 375 du code civil dispose que : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice à la requête des père et mère conjointement, ou de l'un d'eux, de la personne ou du service à qui l'enfant a été confié ou du tuteur, du mineur lui-même ou du ministère public () ". Aux termes de l'article 375-3 du même code : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / () 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 373-5 de ce code : " A titre provisoire mais à charge d'appel, le juge peut, pendant l'instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d'accueil ou d'observation, soit prendre l'une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4. / En cas d'urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. () ".
4. L'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () / ; 3° Mener en urgence des actions de protection en faveur des mineurs mentionnés au 1° du présent article ; / 4° Pourvoir à l'ensemble des besoins des mineurs confiés au service et veiller à leur orientation () ". L'article L. 222-5 du même code dispose que : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () / 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil () ". L'article L. 223-2 de ce code dispose que : " Sauf si un enfant est confié au service par décision judiciaire ou s'il s'agit de prestations en espèces, aucune décision sur le principe ou les modalités de l'admission dans le service de l'aide sociale à l'enfance ne peut être prise sans l'accord écrit des représentants légaux ou du représentant légal du mineur ou du bénéficiaire lui-même s'il est mineur émancipé. / En cas d'urgence et lorsque le représentant légal du mineur est dans l'impossibilité de donner son accord, l'enfant est recueilli provisoirement par le service qui en avise immédiatement le procureur de la République. / () Si, dans le cas prévu au deuxième alinéa du présent article, l'enfant n'a pas pu être remis à sa famille ou le représentant légal n'a pas pu ou a refusé de donner son accord dans un délai de cinq jours, le service saisit également l'autorité judiciaire en vue de l'application de l'article 375-5 du code civil ".
5. Aux termes de l'article L. 221-2-4 du code de l'action sociale et des familles :
" I. - Le président du conseil départemental du lieu où se trouve une personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille met en place un accueil provisoire d'urgence. / II. - En vue d'évaluer la situation de la personne mentionnée au I et après lui avoir permis de bénéficier d'un temps de répit, le président du conseil départemental procède aux investigations nécessaires au regard notamment des déclarations de cette personne sur son identité, son âge, sa famille d'origine, sa nationalité et son état d'isolement. / L'évaluation est réalisée par les services du département. Dans le cas où le président du conseil départemental délègue la mission d'évaluation à un organisme public ou à une association, les services du département assurent un contrôle régulier des conditions d'évaluation par la structure délégataire. / () / Il statue sur la minorité et la situation d'isolement de la personne, en s'appuyant sur les entretiens réalisés avec celle-ci, sur les informations transmises par le représentant de l'Etat dans le département ainsi que sur tout autre élément susceptible de l'éclairer. / () / V. - Les modalités d'application du présent article, notamment des dispositions relatives à la durée de l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I et au versement de la contribution mentionnée au IV, sont fixées par décret en Conseil d'Etat ". L'article R. 221-11 du même code dispose que : " I. - Le président du conseil départemental du lieu où se trouve une personne se déclarant mineure et privée temporairement ou définitivement de la protection de sa famille met en place un accueil provisoire d'urgence d'une durée de cinq jours, à compter du premier jour de sa prise en charge, selon les conditions prévues aux deuxième et quatrième alinéas de l'article L. 223-2. / II. - Au cours de la période d'accueil provisoire d'urgence, le président du conseil départemental procède aux investigations nécessaires en vue d'évaluer la situation de cette personne au regard notamment de ses déclarations sur son identité, son âge, sa famille d'origine, sa nationalité et son état d'isolement. () / IV. - Au terme du délai mentionné au I, ou avant l'expiration de ce délai si l'évaluation a été conduite avant son terme, le président du conseil départemental saisit le procureur de la République en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 223-2 et du second alinéa de l'article 375-5 du code civil. En ce cas, l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I se prolonge tant que n'intervient pas une décision de l'autorité judiciaire. / S'il estime que la situation de la personne mentionnée au présent article ne justifie pas la saisine de l'autorité judiciaire, il notifie à cette personne une décision de refus de prise en charge délivrée dans les conditions des articles L. 222-5 et R. 223-2. En ce cas, l'accueil provisoire d'urgence mentionné au I prend fin ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe aux autorités du département, le cas échéant dans les conditions prévues par la décision du juge des enfants ou par le procureur de la République ayant ordonné en urgence une mesure de placement provisoire, de prendre en charge l'hébergement et de pourvoir aux besoins des mineurs confiés au service de l'aide sociale à l'enfance. A cet égard, une obligation particulière pèse sur ces autorités lorsqu'un mineur privé de la protection de sa famille est sans abri et que sa santé, sa sécurité ou sa moralité est en danger. Lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour le mineur intéressé, une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque cas, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
7. Il en résulte également que, lorsqu'il est saisi par un mineur d'une demande d'admission à l'aide sociale à l'enfance, le président du conseil départemental peut seulement, au-delà de la période provisoire de cinq jours prévue par l'article L. 223-2 du code de l'action sociale et des familles, décider de saisir l'autorité judiciaire mais ne peut, en aucun cas, décider d'admettre le mineur à l'aide sociale à l'enfance sans que l'autorité judiciaire l'ait ordonné. L'article 375 du code civil autorise le mineur à solliciter lui-même le juge judiciaire pour que soient prononcées, le cas échéant, les mesures d'assistance éducative que sa situation nécessite. Lorsque le département refuse de saisir l'autorité judiciaire à l'issue de l'évaluation mentionnée au point 5 ci-dessus, au motif que l'intéressé n'aurait pas la qualité de mineur isolé, l'existence d'une voie de recours devant le juge des enfants par laquelle le mineur peut obtenir son admission à l'aide sociale rend irrecevable le recours formé devant le juge administratif contre la décision du département.
8. Il appartient toutefois au juge du référé, statuant sur le fondement de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative, lorsqu'il lui apparaît que l'appréciation portée par le département sur l'absence de qualité de mineur isolé de l'intéressé est manifestement erronée et que ce dernier est confronté à un risque immédiat de mise en danger de sa santé ou de sa sécurité, d'enjoindre au département de poursuivre son accueil provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. En premier lieu, le rapport d'évaluation sur l'âge et l'isolement de M. A, dont il n'est pas contesté qu'il ne s'est pas montré coopératif à l'exercice de l'entretien et a refusé de participer à la procédure de collecte de données, conclut que l'ensemble des éléments recueillis ne permettent pas de plaider en faveur de sa minorité et de son isolement en se fondant sur les circonstances que le requérant décrit succinctement son environnement familial, fournit plusieurs versions sur la présence de son père au sein du foyer familial, ne parvient pas à se situer au sein de sa fratrie, décrit un mode de vie dénué de repères temporels, donne un récit flou de son parcours migratoire et de sa temporalité, ignore le mode de financement de son périple, reste vague sur ses conditions de vie durant son voyage, qu'il aurait effectué seul pour la plus grande partie, est incohérent sur les conditions dans lesquelles il rejoint l'Espagne et sur les activités qu'il y exerce avant de rejoindre la France avec la Croix-Rouge. En se bornant à faire valoir que son jeune âge explique les imprécisions ou incohérence de ses déclarations et à se prévaloir du passeport qu'il produit, le requérant ne conteste pas sérieusement les constatations de ce rapport.
8. En deuxième lieu, si le requérant a produit, lors de son évaluation, un passeport original à son nom, mentionnant une date de naissance en décembre 2008, dépourvu de toute surcharge ou rature, et dont le rapport d'évaluation indique qu'aucun élément ne permet à ce stade d'en remettre en cause l'authenticité, il est constant que l'intéressé n'est pas en mesure de produire les pièces d'état civil au vu desquels ce document a été établi et que ce passeport indique que le requérant, en dépit de sa minorité alléguée de quinze ans, serait cultivateur de profession, ce qui ne correspond en outre pas à l'absence d'activité rémunératrice ou de formation professionnelle dont il a fait état au cours de l'entretien, alors qu'il a déclaré cette profession comme étant celle de son père.
9. Enfin, le juge des enfants ne s'est pas encore prononcé sur la demande du requérant et n'a convoqué ce dernier que pour le 4 décembre 2024, sans avoir, à ce jour, ordonné l'une des mesures prévues à l'article 375-3 du code civil, notamment en le confiant provisoirement à un service d'aide sociale à l'enfance ainsi que l'article 375-5 du même code le lui permet.
10. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'appréciation portée par le président du département du Val-de-Marne sur l'absence de qualité de mineur isolé de M. A n'apparaît pas, en l'état de l'instruction et dans le cadre de l'office particulier du juge des référés défini au point 8, manifestement erronée et ne révèle, à la date de la présente ordonnance, au vu de la situation de l'intéressé, pas d'atteinte grave et manifestement illégale.
11. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au département du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 27 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. C
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,