Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409264
samedi 27 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409264 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Kabsi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'examiner sa demande de renouvellement de titre de séjour et dans l'attente de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travailler, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- elle est entrée en France le 11 novembre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français ; à l'expiration de son visa, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour et un récépissé lui a été délivré, qui a été renouvelé à si reprises, le dernier expirant le 18 mars 2024 ; elle en a demandé à nouveau le renouvellement par voie postale ; n'ayant pas de nouvelle de nouvelle, son conseil s'est enquis de l'état d'avancement de son dossier et il lui a été demandé de produire la preuve de son dernier envoi, ce qu'elle ne peut faire, cet envoi ayant été fait en courrier simple ;
- la condition d'urgence est remplie eu égard au délai écoulé depuis le dépôt de sa demande de titre de séjour le 25 août 2022, alors qu'elle est conjointe d'un français et mère d'enfants français ; son employeur menace de rompre son contrat de travail en l'absence de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
- la mesure sollicitée est utile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il ressort des écritures que Mme A a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 25 août 2022. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfecture du Val-de-Marne de procéder à l'examen de la demande de renouvellement de titre de séjour de la requérante est dépourvue d'utilité et la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent en conséquence être rejetées.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C.
Fait à Melun, le 27 juillet 2024
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,