Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409274

samedi 27 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409274
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, Mme A B, représenté par Me Mercenier demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de mettre en fabrication le titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 7 septembre 2023 au 6 septembre 2024, dans le délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) subsidiairement d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'achever l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est entrée en France le 26 septembre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " ; elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur l'ANEF dès le mois de juillet 2023 ; sa demande ayant été clôturée, elle l'a renouvelée ; sa deuxième demande a été également clôturée au motif qu'une demande était déjà en instruction ; elle a fait une troisième demande sur l'ANEF qui a été également clôturée pour le même motif ; elle s'est en conséquence rapprochée de la préfecture du Val-de-Marne qui a enregistré son dossier le 4 septembre 2023 et lui a remis un récépissé qui a été renouvelé, le dernier étant valable du 6 juin 2024 au 5 septembre 2024 ; elle n'a toujours eu aucune réponse pour sa demande de renouvellement de son titre de séjour ; à défaut d'être mise en possession de son titre de séjour valable du 7 septembre 2023 au 6 septembre 2024 elle est dans l'impossibilité d'entamer les démarches administratives de renouvellement de son titre de séjour ; toutes ses relances sont restées vaines ;

- les carences de l'administration portent une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail, au droit d'accès à un service public et au droit de voir sa demande examinée dans un délai raisonnable, alors qu'elle remplit toutes les conditions pour se voir délivrer le titre de séjour sollicité ;

- la condition d'urgence est remplie, eu égard au délai anormalement long écoulé depuis le dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour et de l'impossibilité matérielle dans laquelle elle se trouve de demander le renouvellement de son titre de séjour pour l'année à venir ;

- la mesure sollicitée est nécessaire face au mutisme de la préfecture.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures (.) ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des pièces jointes à la requête de Mme B a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " étudiant " en dernier lieu le 4 septembre 2023, date à laquelle lui a été remis un récépissé. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de trois mois. Cette décision implicite de rejet a mis fin à l'instruction de la demande de titre de séjour de Mme B, qui par suite ne démontre aucune atteinte manifestement illégale aux libertés fondamentales qu'elle invoque et n'est en conséquence pas fondée, à la date de la présente ordonnance, à demander qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'achever l'instruction de sa demande ou de mettre son titre de séjour en fabrication. Il y a lieu a en conséquence lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Melun, le 27 juillet 2024.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,