Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409295
vendredi 30 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juillet 2024 et le 23 août 2024, M. B A et Mme D C demandent au tribunal d'annuler la décision du 25 juin 2024 par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale de Seine-et-Marne a affecté leur fils, pour sa seconde, au titre de l'année 2024/2025, au lycée Uruguay France d'Avon.
Ils soutiennent que :
- l'affectation dans ce lycée et non au lycée François Couperin risque de déstabiliser psychologiquement leur fils, alors qu'il est suivi depuis plusieurs années par une sophrologue et un psychiatre, ainsi que par une juge des enfants, leur fils ayant besoin de garder des liens forts avec ses amis d'enfance, qui ont tous été affectés au lycée François Couperin, l'intérêt supérieur de leur fils est donc méconnu ;
- l'affectation de leur fils au lycée Uruguay France d'Avon va lui poser des difficultés de transports.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2024, la rectrice de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mullié,
- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 juin 2024, la rectrice de l'académie de Créteil a affecté Joan, fils des requérants, en classe de seconde pour la rentrée scolaire 2024 au sein du lycée Frédéric Uruguay France d'Avon. Par la présente requête, les requérants, qui souhaitent que leur fils soit affecté au lycée François Couperin de Fontainebleau, demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article D. 211-11 du code de l'éducation : " Les collèges et les lycées accueillent les élèves résidant dans leur zone de desserte. / Le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, détermine pour chaque rentrée scolaire l'effectif maximum d'élèves pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont il dispose. / Dans la limite des places restant disponibles après l'inscription des élèves résidant dans la zone normale de desserte d'un établissement, des élèves ne résidant pas dans cette zone peuvent y être inscrits sur l'autorisation du directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, dont relève cet établissement. / Lorsque les demandes de dérogation excèdent les possibilités d'accueil, l'ordre de priorité de celles-ci est arrêté par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, conformément aux procédures d'affectation en vigueur. / () ".
3. Les requérants soutiennent que, d'une part, leur fils doit être affecté au lycée François Couperin de Fontainebleau afin de pouvoir garder une stabilité psychologique et un lien fort avec ses amis d'enfance, tous scolarisés au lycée François Couperin, et ce dans un contexte familial compliqué. Il ressort des pièces du dossier que Joan a obtenu 8 448,502 points au titre du barème, alors que le dernier admis dans ce lycée a obtenu 8510,137 points. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le suivi médical de Joan nécessite une affectation au lycée François Couperin, qui est tout aussi proche des services médicaux que le lycée Uruguay France. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le fils des requérants sera complètement isolé de ses camarades provenant du même collège que lui. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il soit plus compliqué pour le fils du requérant de se rendre au lycée Uruguay d'Avon qu'au lycée François Couperin de Fontainebleau. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. Pour les mêmes motifs, il y a également lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'intérêt supérieur du fils des requérants protégé par l'article 3 de la convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2024 par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale de Seine-et-Marne a affecté leur fils, pour sa seconde, au titre de l'année 2024/2025, au lycée Uruguay France d'Avon.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et Mme D C et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie de la présente décision sera adressée à la rectrice de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 28 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
M. Collen-Renaux, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.
La présidente rapporteure,
N. MULLIE
L'assesseure la plus ancienne,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,