Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409327

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409327
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a pris acte du désistement de M. A de ses conclusions aux fins de suspension et d’injonction concernant la décision implicite de rejet du préfet du Val-de-Marne relative à sa demande de titre de séjour. Le requérant, bénéficiaire de la protection subsidiaire, invoquait notamment la méconnaissance de l’article L. 424-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En conséquence, le tribunal a condamné l’État à verser à M. A une somme de 1 200 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Michel, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision implicite du préfet du Val-de-Marne, de rejet de sa demande de délivrance de titre de séjour intervenue le 17 juillet 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit et que sa situation irrégulière lui fait encourir le risque d'un licenciement ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée est entachée d'une défaut d'examen sérieux ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, le préfet du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer ou au rejet de la requête.

Il soutient que la demande est en cours d'instruction et que l'urgence n'est pas caractérisée.

Par un mémoire enregistré le 13 août 2024, M. A déclare ne maintenir que ses conclusions enregistrées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2409197 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Allègre, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 14 août 2024 à 10 h en présence de Mme Tarot, greffière d'audience, M. Allègre a lu son rapport et entendu les observations de Me Capuano représentant le préfet de police.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1.M. A, ressortissant égyptien né le 16 mars 1984, s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire par décision du 7 mars 2022. Le 17 mars 2022, il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'est vu délivrer plusieurs attestations de prolongation d'instruction dont la dernière était valable jusqu'au 19 mai 2024. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de la décision de refus opposée à sa demande.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :

2. Le conseil du requérant ayant indiqué dans son mémoire enregistré le 13 août 2024 maintenir ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ce dernier doit être regardé comme s'étant désisté des conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions à fin de frais de justice :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. A une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A et ce qui concerne les conclusions aux fins de suspension et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 19 août 2024.

Le juge des référés,

E. ALLEGRELa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,