Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409329
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409329 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2024, Mme D C et M. B C, représentés par Me Habib demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de la décision du 1er juillet 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Créteil a refusé de faire droit à leur demande d'autorisation d'instruction dans la famille présentée au bénéfice de leur enfant A ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil d'autoriser l'instruction en famille de leur enfant A, ou subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- A va avoir trois ans ; ils ont présenté une demande d'autorisation pour l'instruire dans la famille au titre de l'année 2024-2025, en raison de la situation propre à l'enfant ; un refus leur a été opposé le 30 mai 2024 et le 1er juillet 2024, leur recours préalable obligatoire a été rejeté ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée va à l'encontre de l'intérêt supérieur de leur enfant, qui a déjà débuté l'instruction en famille puisque sa fratrie suit des cours à domicile depuis huit ans et qui est en avance sur le programme de maternelle, qui ressentira une grande injustice de ne pas poursuivre son instruction à domicile comme son frère et sa sœur, qui perdre l'avance acquise sur le programme scolaire ; en outre A a récemment développé un bégaiement et a besoin d'une prise en charge adaptée et d'un cadre rassurant ;
- il existe des doutes sérieux sur la légalité de la décision contestée, qui est insuffisamment motivée, qui est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur d'appréciation au regard des textes applicables dès lors que l'administration a considéré que dès lors que la scolarisation est possible, l'instruction en famille ne serait, elle, pas possible et que le projet d'instruction en famille a été élaboré en fonction de l'intérêt supérieur de l'enfant, et de sa situation particulière.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 juillet 2024 sous le n° 2409315 par laquelle Mme et M. C demandent l'annulation de la décision du 1er juillet 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Mme et M. C ont été informés par une lettre du 26 juillet 2024 que leur requête au fond enregistrée sous le n° 2409315 est inscrite à l'audience du 28 août 2024. Il ne résulte ni des écritures des requérants ni des pièces versées à l'appui de leur requête qu'un préjudice irréversible soit susceptible de se constituer avant le jugement de cette requête au fond. Dans ces conditions, l'urgence requise pour la mise en œuvre des pouvoirs que le juge des référés tient de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme caractérisée.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme et M. C, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme et M. C présentent sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C et à M. B C.
Fait à Melun, le 29 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,