Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409339
lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2024, Mme C A B, représentée par Me Rapaud, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision implicite du préfet du Val-de-Marne du 22 avril 2024 portant rejet sa demande de renouvellement de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'à ce qu'il soit prononcé sur la requête en annulation dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une convocation en vue du retrait de sa carte de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est présumée satisfaite dès lors qu'il s'agit d'une décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- la décision attaquée la place en situation irrégulière ce qui a conduit à la suspension de son contrat de travail.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, le préfet du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que la requérante a été convoquée afin de retirer son titre de séjour le 1er août 2024 à 14 h 30.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2409346 par laquelle Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Allègre, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 14 août 2024 à 10 h, en présence de Mme Tarot, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Allègre,
- les observations de Me Berté, substituant Me Rapaud, qui déclare se désister et maintenir la demande de frais non compris dans les dépens, et les observations de Me Capuano, représentant le préfet du Val-de-Marne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A B, ressortissante capverdienne née le 20 juillet 1999 et entrée en France en 2006 à l'âge de sept ans par le biais du regroupement familial, s'est vu délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " régulièrement renouvelée et dont la dernière était valable jusqu'au 22 décembre 2023. Le 19 novembre 2023, elle a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour. Un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour lui a été délivré, valable jusqu'au 21 juin 2024. Par la présente requête, elle demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée à sa demande.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2.Le conseil de la requérante ayant indiqué dans ses observations au cours de l'audience publique ne maintenir que ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la requérante doit être regardée comme s'étant désisté des conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin de frais de justice :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à Mme A B une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme A B et ce qui concerne les conclusions aux fins de suspension et d'injonction.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A B une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 19 août 2024.
Le juge des référés,
E. ALLEGRELa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,