Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409364
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409364 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Sangue demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre les effets de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, révélée par la remise d'une simple attestation de dépôt de demande de séjour lors de l'enregistrement de cette demande le 1er juillet 2024 ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il est en couple avec une ressortissante européenne, il a une fille âgée de deux ans, il exercer une activité professionnelle depuis le 1er février 2021 pour le même employeur ; ce dernier lui a remis une lettre le 27 juillet 2024 lui indiquant que s'il n'avait pas remis dans un mois un document justifiant de la légalité de son séjour, son contrat de travail serait suspendu ; de ce fait, il a présenté un dossier de demande de titre de séjour le 1er juillet 2024 et aucun récépissé ne lui a été délivré ; la simple attestation de dépôt d'une demande de titre de séjour qui lui a été remise révèle un refus de lui délivrer un récépissé ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence de document justifiant la régularité de son séjour son contrat de travail sera suspendu, alors qu'il vit en couple et est le père d'un enfant de deux ans ;
- la décision de refus de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour est illégale au regard des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la requête enregistrée le 11 juillet 2024 sous le n° 2407991 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 1er juillet 2024 lui refusant la délivrance d'un récépissé de sa demande de titre de séjour ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il ressort des énonciations de sa requête que M. A résiderait en France depuis au moins 2021 et qu'il travaille en contrat à durée indéterminée depuis le 1er février 2021 avec le même employeur. Il a déposé le 1er juillet 2024 une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de Seine-et-Marne, qui lui a alors délivré une simple attestation de dépôt d'une demande de titre de séjour et non le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A considère que la délivrance de cette simple attestation révèlerait le refus du préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un récépissé.
3. Pour tenter de justifier l'urgence qui s'attacherait à ce que le cas échéant le juge des référés ordonne des mesures provisoires sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, M. A fait valoir que, par une lettre du 27 juillet 2024, qu'il présente malgré sa date comme étant l'élément déclencheur de sa demande de titre de séjour, son employeur l'a informé que son contrat de travail serait suspendu dans un mois s'il ne justifiait pas de la régularité de son séjour en France et qu'une telle suspension serait préjudiciable à la situation de sa famille, composée de sa compagne ressortissante européenne et de leur enfant de deux ans. Toutefois, compte tenu de sa date la lettre de son employeur du 27 juillet 2024 ne peut manifestement pas être à l'origine de la présentation le 1er juillet 2024 de la demande de titre de séjour du requérant. Si cette lettre mentionne que d'autres demandes du même ordre lui auraient auparavant été adressées, le requérant ne justifie aucunement de leur réalité, alors qu'il soutient qu'il travaille pour le même employeur depuis le 1er février 2021 soit depuis plus de trois ans. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas non plus de la réalité de vie maritale alléguée et n'apporte aucun élément sur la situation, notamment professionnelle de la compagne dont il fait état, et ne justifie par aucun élément contribuer à l'éducation ou à l'entretien de son enfant, dont le passeport produit est rédigé en portugais. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte présentées par M. A, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Melun, le 29 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,