Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409506
lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409506 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Assadollahi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision implicite du préfet du Val-de-Marne de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est présumée satisfaite dès lors qu'il s'agit d'une décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est méconnaît les dispositions de l'article L. 426-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer et à défaut au rejet de la requête pour défaut d'urgence.
Elle soutient qu'une attestation de prolongation d'instruction a été délivrée au requérant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2409500 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Allègre, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 14 août 2024 à 10 h en présence de Mme Tarot, greffière d'audience, M. Allègre a lu son rapport et entendu les observations de Me Capuano, représentant la préfète du Val-de-Marne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant iranien né le 4 juin 1962, est entré en France en 2022, s'est vu délivrer un visa long séjour valant carte de séjour mention valable jusqu'au 1er janvier 2023. Le 8 décembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Il a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 18 décembre 2023. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de la décision de refus opposée à sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Postérieurement à l'introduction de la requête en référé de M. A, la préfète du Val-de-Marne a délivré à ce dernier une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 6 novembre 2024. Dans ces circonstances particulières, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 19 août 2024.
Le juge des référés,
E. ALLEGRELa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,