Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409507

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409507
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 19 juin 2024 de la commission de l’académie de Créteil refusant l’autorisation d’instruction en famille pour l’enfant C au titre de l’année 2024/2025. Les requérantes invoquaient l’urgence en raison de la contrainte de scolarisation sous peine de poursuites pénales. Le juge a estimé que l’urgence n’était pas établie, le recours au fond étant déjà inscrit à l’audience du 28 août 2024. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, Mme D E et

Mme B A, représentées par Me Fitzjean O Cobhthaigh, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 juin 2024 par laquelle la commission de l'académie de Créteil devant laquelle sont formés les recours administratifs préalables obligatoires exercés contre les décisions de refus d'instruction dans la famille a rejeté leur recours contre la décision du 27 mai 2024 rejetant leur demande d'autorisation d'instruction en famille de leur enfant C au titre de l'année scolaire 2024/2025, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête en annulation présentée à l'encontre de cette décision ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Créteil de leur délivrer une autorisation provisoire d'instruire leur enfant C en famille au titre de l'année scolaire 2024/2025, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur demande dans un délai de sept jours calendaires à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 30 juillet 2024 sous le n° 2409503 par laquelle les requérantes demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Le Broussois pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. A l'appui de leur requête en référé, Mme E et Mme A font valoir que la décision attaquée porte une atteinte grave et immédiate à leurs intérêts ainsi qu'à ceux de leur enfant en ce qu'elle les contraint, sous peine de poursuites pénales, à scolariser celui-ci dans un établissement scolaire dès la rentrée 2024/2025. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que leur recours au fond contre la décision attaquée est inscrit au rôle d'une audience du 28 août 2024. Eu égard à cette circonstance, l'existence d'une situation d'urgence ne peut en l'espèce être regardée comme établie.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la présente requête en l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme E et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D E et Mme B A.

Fait à Melun, le 5 août 2024.

Le juge des référés

Signé : N. Le Broussois

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,