Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409553
lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409553 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 13 août 2024, Mme C A B, représentée par Me Scheer, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé le renouvellement de son titre de séjour ou à tout le moins, le refus de procéder à l'enregistrement de sa demande, révélée par la décision de clôturer l'instruction de sa demande ;
2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une carte de séjour mention " visiteur ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut d'enregistrer et de réexaminer sa demande de renouvellement ;
3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un récépissé dans le délai 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir dans l'attente de la délivrance de sa carte de séjour mention " visiteur ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est présumée satisfaite dès lors qu'il s'agit d'une décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-14 et R. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu et au rejet de la requête.
Elle soutient que la requérante a été convoquée le 13 août 2024 afin d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2408968 par laquelle Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Allègre, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 14 août 2024 à 10h en présence de Mme Tarot, greffière d'audience, M. Allègre a lu son rapport et entendu les observations de Me Capuano, représentant la préfète du Val-de-Marne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante péruvienne née le 12 février 1948, est entrée en France le 7 août 2022 sous couvert d'un visa long séjour " visiteur " valable jusqu'au 25 juin 2023. Le 28 avril 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, demande reformulée le 9 février 2024 et qui a donné lieu à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 juillet 2024. Néanmoins, sa demande a été clôturée le 5 juin 2024, révélant une décision de rejet de sa demande de renouvellement. Par la présente requête, elle demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Postérieurement à l'introduction de la requête en référé de Mme A B, la préfète du Val-de-Marne a convoqué cette dernière dans ses services le 13 août 2024 et lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 12 février 2025. Dans ces circonstances particulières, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme A B. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A B la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 19 août 2024.
Le juge des référés,
E. ALLEGRELa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,