Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409561

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409561
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, ressortissant congolais, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Le tribunal a considéré que ce refus était légalement fondé sur l'article L. 551-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit ce refus en cas de demande de réexamen d'asile. Il a écarté le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, faute pour le requérant d'avoir démontré une vulnérabilité particulière, ses déclarations faisant état d'un hébergement stable et de l'absence de problème de santé grave. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2024, M. A C B, représenté par Me Mopo Kobanda, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa précarité et de sa vulnérabilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 août 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Avirvarei, conseillère, pour statuer dans les procédures relatives à l'éloignement des étrangers mentionnées par le code de justice administrative et notamment ses chapitres 6, 7, 7bis, 7ter et 7quater des titres VII des livres VII et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction antérieure ou issue des dispositions des articles 72 à 79 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 et du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 9 août 2024 tenu en présence de Mme Riellant, greffière d'audience, Mme Avirvarei a lu son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 11h04.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant congolais, né le 7 novembre 1995, est entré en France, selon ses déclarations, le 20 octobre 2022 et a sollicité l'asile. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 7 juin 2024. Le 18 juillet 2024, il a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile auprès de la préfecture de Seine-et-Marne. Le même jour, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII ci-après) lui a notifié son refus de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / ()/ La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ".

3. Si M. B soutient qu'il se trouve dans une situation de précarité et de vulnérabilité particulière, il n'apporte aucune précision et ne verse aucune pièce au soutien de ces allégations. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que lors de son entretien de vulnérabilité du 18 juillet 2024, il a déclaré que sa famille est hébergée de manière stable chez son grand-frère à Savigny-le-Temple et qu'il n'y avait aucun problème de santé grave. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'OFII n'étant pas la partie perdante dans la présente affaire.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé : A. Avirvarei

La greffière,

Signé : N. Riellant

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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