Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409590

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409590
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension présentée par un agent hospitalier contestant le refus de reconnaissance d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas établie, la perte de traitement étant compensée par une allocation mensuelle de montant équivalent. En conséquence, la requête est rejetée par ordonnance en application de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit nécessaire d'examiner le doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024, M. C D A B, représenté par Me Mazzola, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 10 juin 2024 par laquelle le Centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne a rejeté son recours gracieux contre deux décisions prises le 29 mars 2024, ensemble la suspension de l'exécution de ces dernières décisions ;

2°) de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 1er février 2024 au titre de l'accident de service survenu le 15 août 2019 et de régulariser sa situation ;

3°) d'ordonner une expertise médicale avant dire droit ;

4°) de lui allouer une provision de 4 000 euros à la charge du Centre hospitalier du Sud Seine et Marne à valoir sur son indemnisation à intervenir quant aux conséquences de l'accident du 15 aout 2019 ;

5°) de mettre à la charge du Centre hospitalier du Sud Seine et Marne la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 31 juillet 2024 sous le n° 2409613 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Le Broussois pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / () ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. A l'appui de sa requête, M. A B fait valoir que les décisions attaquées, qui ont fixé au 28 septembre 2023 la date de sa consolidation au titre de son accident de service du 15 août 2019 et refusé la prise en charge au même titre des arrêts et soins postérieurs au 1er février 2024, ont eu pour conséquence son placement à mi-traitement depuis le 1er mai 2024, et que la perte de revenu correspondante lui est particulièrement préjudiciable alors notamment qu'il est père de quatre enfants à charge. Toutefois, il est constant que la perte de traitement qu'il subit est compensée par une allocation, de montant équivalent, qui lui est versée mensuellement par le CGOS et, s'il soutient que celle-ci s'achèvera au mois de septembre 2024, il n'en justifie pas par les pièces qu'il verse au dossier. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence, laquelle ne saurait par ailleurs résulter du caractère éventuellement contestable de l'appréciation portée quant à la date de sa consolidation.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A B en l'ensemble de ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D A B.

Fait à Melun, le 5 août 2024.

Le juge des référés

Signé : N. Le Broussois

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,