Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409778
lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2024, Mme B A, représentée par Me Legrand, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre la décision implicite du préfet du Val-de-Marne de rejet de sa demande de changement de statut dans le cadre du renouvellement d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente et sans délai, un récépissé de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est présumée satisfaite dès lors qu'il s'agit d'une décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour ;
- de plus, elle ne peut plus travailler alors qu'une entreprise souhaite la recruter à compter du 3 septembre 2024 ;
- enfin, son enfant français et son compagnon français résident sur le territoire national.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée est entachée par l'incompétence de son auteur ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle révèle un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention de New York du 26 janvier 1990 sur les droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Elle soutient que le titre de séjour demandé a été accordé le 29 juillet 2024.
Par un mémoire enregistré le 14 août 2024, Mme A indique ne maintenir que ses conclusions enregistrées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2409776 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Allègre, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 14 août 2024 à 10h en présence de Mme Tarot, greffière d'audience, M. Allègre a lu son rapport et entendu les observations de Me Capuano, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui indique que le titre de séjour demandé est en cours de fabrication.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante marocaine née le 20 février 1993 et entrée en France le 15 juillet 2014, s'est vu délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " à compter de 2018. Le 16 février 2024, elle a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour. Par la présente requête, elle demande la suspension de l'exécution de la décision de refus opposée à cette demande.
Sur l'étendue du litige :
2. Le conseil de la requérante ayant indiqué dans son mémoire enregistré le 14 août 2024 maintenir ses conclusions visant à la mise à la charge de l'Etat d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, cette dernière doit être regardée comme s'étant désistée des conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé () /L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué. "
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de frais de justice :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser au conseil de Mme A une somme de 1 200 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme A en ce qui concerne les conclusions aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Legrand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Legrand la somme de 1 200 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A, la somme de 1 200 euros lui sera versée.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Legrand et à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 19 août 2024.
Le juge des référés,
E. ALLEGRELa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,