Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409780

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409780
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B, qui demandait la délivrance d’un récépissé avec autorisation de travail sous astreinte. La requérante n’a pas précisé le fondement juridique exact de sa demande parmi les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, rendant sa requête irrecevable. Le juge des référés a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience. Cette décision n’empêche pas Mme B de présenter une nouvelle requête sur un fondement unique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, Mme A B, représentée par Me Ba, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner au sous-préfet de Nogent-sur-Marne de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de 2 jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du sous-préfet de Nogent-sur-Marne le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2.Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser quelle est la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête, sous peine d'irrecevabilité de sa demande. Le titre de la requête de Mme B évoque le fondement du " référé-liberté ". Toutefois, elle invoque aussi les fondements de l'article L. 521-1 et L521-3. Il en résulte que les termes de la requête de

Mme B ne permettent pas de déterminer le fondement de sa requête en référé.

3.La requête doit, par suite, être rejetée selon la procédure prévue par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du même code.

4.La présente décision ne fait toutefois pas obstacle à ce que la requérante, si elle s'y croit fondée, saisisse le tribunal d'une nouvelle requête sur un fondement unique.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Melun, le 08 août 2024.

La juge des référés

S. Ghaleh-Marrban

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière