Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409821
jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409821 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2024, M. B C A, représenté par Me Lacour, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision 48 SI du 20 juin 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rappelé les décisions de retraits de points ayant conduit à un solde de points nul et a invalidé pour ce motif son permis de conduire ;
2°) de restituer de façon transitoire son permis de conduire compte tenu du solde de points positif à la date d'émission de la décision 48 SI ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a contesté la décision litigieuse par un recours en excès de pouvoirs le 5 août 2024 ;
- l'urgence est caractérisée, d'une part, par la menace de licenciement dont il fait l'objet, d'autre part, par la perte de revenus qui en résulterait alors qu'il a à sa charge quatre enfants, dont deux fils atteints de troubles du spectre autistique, et que son épouse est sans emploi, et enfin par la nécessité de se déplacer pour assurer les rendez-vous médicaux de ses deux fils ;
- il y a un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée dans la mesure où son solde de points était positif à la date d'émission de celle-ci et du fait de l'insuffisance de motivation de cette même décision.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, si M. C A fait valoir qu'il exerce la profession de chauffeur poids-lourd et que la perte de son permis va le conduire à perdre son emploi, il n'établit pas que l'entretien auquel il a été convoqué le 6 août avait pour objet son licenciement et qu'il sera ainsi privé de toutes ressources. Si par ailleurs, M. C A soutient que son permis de conduire est nécessaire pour qu'il puisse conduire ses deux fils, atteints de handicap, dans les instituts spécialisés où ils sont pris en charge, il n'en justifie pas alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que son épouse ne serait pas titulaire d'un permis de conduire valide. Enfin eu égard à la gravité, à la fréquence et au caractère répété des infractions au code de la route commises par le requérant, dont celui-ci ne conteste pas sérieusement la matérialité, les éléments qu'il invoque ne peuvent être regardés comme caractérisant une situation d'urgence.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. C A par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.
Fait à Melun, le 8 août 2024.
La juge des référés,
Signé : S. GHALEH-MARZBAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2409821