Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410024

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationChambre Éloignement 12
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. B, ressortissant sri lankais, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du 13 mars 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne avait ordonné son transfert vers un autre État membre responsable de l’examen de sa demande d’asile. En défense, la préfète a fait valoir que la demande d’asile de M. B avait été enregistrée en procédure normale le 16 mai 2024, rendant l’arrêté de transfert sans objet. Le tribunal a constaté que l’arrêté litigieux n’avait pas été exécuté et a prononcé un non-lieu à statuer sur l’ensemble des conclusions de la requête, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 août 2024 et le 21 août 2024, M. A B, représenté par Me Jean, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a prononcé son transfert aux autorités compétentes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de l'admettre au séjour au titre de l'asile dans un délai de deux semaines et de lui délivrer une attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande d'asile dans un délai de deux semaines et de lui délivrer une attestation de demande d'asile prévue à l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

- la décision portant transfert :

* est entachée d'incompétence ;

* est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

* a été prise en méconnaissance de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* méconnaît l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

* a été prise en méconnaissance des articles 3 et 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Actis avocats, conclut au non-lieu à statuer.

Elle soutient que le 16 mai 2024, les services compétents ont enregistré sa demande d'asile en procédure normale.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Melun du 3 juillet 2024, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Rehman-Fawcett, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rehman-Fawcett ;

- et Me El Assad, représentant la préfète du Val-de-Marne, absente, qui conclut au non-lieu à statuer.

M. B n'était ni présent ni représenté.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10h27.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant sri lankais, né le 29 septembre 1991 à Negombo (Sri Lanka), a déposé une demande d'asile le 1er septembre 2023. À l'issue de la procédure de détermination de l'État membre responsable de cette demande d'asile, par un arrêté du 13 mars 2024, la préfète du Val-de-Marne a prononcé le transfert de M. B aux autorités d'un autre Etat. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. Il ressort des pièces du dossier et notamment des écritures en défense, que les services compétents ont enregistré la demande d'asile de M. B le 16 mai 2024 et qu'il a été mis en possession d'une attestation de demandeur d'asile valable jusqu'au 9 février 2025. Il s'ensuit que l'arrêté litigieux du 13 mars 2024 n'a pas été exécuté. Dès lors, en tout état de cause, il y a lieu, dans le présent litige, de prononcer le non-lieu à statuer sur l'ensemble des conclusions du requérant aux fins d'annulation et d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme demandée par M. B, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : C. REHMAN-FAWCETT

La greffière,

Signé : S. AIT MOUSSA

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. AIT MOUSSA