Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410105
mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410105 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un rendez-vous afin d'obtenir un récépissé dans le délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce avant
18 août 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soulève les moyens suivants :
- l'urgence est établie, dès lors qu'en l'absence de titre de séjour ou de récépissé il ne peut ni travailler, ni quitter le territoire français ;
- il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
- les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont méconnues dès lors que la circonstance que la préfète du Val-de-Marne ne lui ait pas délivré son titre de séjour après acceptation de sa demande a fait obstacle à ce qu'il demande le renouvellement dudit titre dans le délai qu'elles instaurent ;
- les dispositions de l'article 1er du décret du 27 mai 2016 sont méconnues dès lors que la préfète du Val-de-Marne n'a pas répondu aux sollicitations qu'il a formulées via le téléservice qu'elles prévoient ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n°2016-685 du 27 mai 2016 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Issard, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " ainsi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles
L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la préfète du Val-de-Marne a accepté la demande du requérant tendant à la délivrance d'un titre " étudiant " valable du 21 août 2023 au 20 août 2024 mais qu'elle n'a pas procédé à la remise de ce titre et s'est bornée à lui produire une " attestation de décision favorable ". Le tribunal, par une ordonnance n°2406875 du 7 juin 2024, lui a ordonné de remettre au requérant tout document justifiant de la régularité de son séjour en France. M. B a ainsi reçu en exécution de cette ordonnance un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 10 septembre 2024. Par la présente requête, il demande à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé afin de procéder à une demande de titre " recherche d'emploi - création d'entreprise " pour accepter une offre de contrat à durée indéterminée qui prendrait effet le 9 septembre 2024. Le requérant ne produit néanmoins aucune preuve de dépôt de sa demande de titre de séjour qu'il aurait dû transmettre au préfet territorialement compétent entre le cent-vingtième et le soixantième jour qui précède l'expiration du document de séjour dont il disposait par le biais de l'attestation de décision favorable qui lui avait été délivrée, en application des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il cite dans sa requête. Il en résulte que la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée, en l'état de l'instruction, comme remplie.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen démontrant l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à l'une des libertés fondamentales dont jouit le requérant, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Melun, le 14 août 2024.
Le juge des référés,
Signé : C. ISSARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,