Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410157

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410157
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B, qui contestait la décision de la commission d'appel du 12 juin 2024 orientant sa fille en seconde professionnelle. La requérante invoquait une erreur manifeste d'appréciation, notamment en raison de l'obtention du brevet des collèges par sa fille. Le tribunal a jugé que l'orientation décidée par la commission d'appel n'est pas susceptible d'être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir, en application des articles L. 331-8 et D. 331-34 du code de l'éducation. La demande d'annulation a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 13 août 2024, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la présidente de la 6ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme B.

Par cette requête et des mémoires, enregistrés au greffe du tribunal de Paris le 27 juin 2024 et le 18 juillet 2024, et des mémoires, enregistrés les 1er et 4 septembre 2024, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 12 juin 2024 par laquelle la sous-commission d'appel a décidé d'orienter sa fille A D E en classe de seconde professionnelle pour la rentrée 2024.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, sa fille ayant eu le brevet des collèges.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2024, la rectrice de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mullié,

- et les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 juin 2024, la cheffe d'établissement du collège Montalembert de Nogent-sur-Marne a décidé d'orienter A, fille de la requérante, en seconde professionnelle. Mme B a formé un recours à l'encontre de cette décision. Par une décision du 12 juin 2024, la commission d'appel a décidé de l'orienter en seconde professionnelle. Par la présente instance, la requérante doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 331-8 du code de l'éducation : " La décision d'orientation est préparée par une observation continue de l'élève. / Le choix de l'orientation est de la responsabilité de la famille ou de l'élève quand celui-ci est majeur. Tout désaccord avec la proposition du conseil de classe fait l'objet d'un entretien préalable à la décision du chef d'établissement. Si cette dernière n'est pas conforme à la demande de l'élève ou de sa famille, elle est motivée. / La décision d'orientation peut faire l'objet d'une procédure d'appel ". Aux termes de l'article D. 331-34 du code de l'éducation : " Lorsque les propositions ne sont pas conformes aux demandes, le chef d'établissement, ou son représentant, reçoit l'élève et ses parents ou l'élève majeur, afin de les informer des propositions du conseil de classe et de recueillir leurs observations. Le chef d'établissement présente, à cette occasion, les recommandations émises par le conseil de classe dans les conditions définies à l'article D. 331-32. / Le chef d'établissement prend ensuite les décisions d'orientation dont il informe l'équipe pédagogique, et les notifie aux parents de l'élève ou à l'élève majeur. / Le chef d'établissement peut conseiller, notamment quand le conseil de classe l'a recommandé, à l'élève et à ses représentants légaux que celui-ci suive un dispositif de remise à niveau. / Les décisions non conformes aux demandes font l'objet de motivations signées par le chef d'établissement. / Les motivations comportent des éléments objectifs ayant fondé les décisions, en termes de connaissances, de capacités et d'intérêts. Elles sont adressées aux parents de l'élève ou à l'élève majeur qui font savoir au chef d'établissement s'ils acceptent les décisions ou s'ils en font appel, dans un délai de trois jours ouvrables à compter de la réception de la notification de ces décisions ainsi motivées ". Aux termes de l'article D. 331-35 de ce code : " En cas d'appel, le chef d'établissement transmet à la commission d'appel les décisions motivées ainsi que tous éléments susceptibles d'éclairer cette instance. Les parents de l'élève ou l'élève majeur qui le demandent sont entendus par la commission. L'élève mineur peut être entendu à sa demande, avec l'accord de ses parents. / Les décisions prises par la commission d'appel valent décisions d'orientation définitives. / () ".

3. Si la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation aux motifs que sa fille était scolarisée dans un établissement privé très exigeant s'agissant du niveau de ses élèves, qu'elle a fait une dépression en raison du harcèlement dont elle a été la victime de la part de camarades et qu'elle a eu son brevet, en tout état de cause l'orientation décidée par la sous-commission n'est pas susceptible d'être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir. Le moyen doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 12 juin 2024 par laquelle la commission d'appel a confirmé la décision du chef d'établissement du collège Montalembert du 8 juin 2024 d'orienter sa fille en seconde professionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre de l'éducation nationale.

Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Créteil.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

M. Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La présidente rapporteure,

N. MULLIEL'assesseure la plus ancienne,

J. SENICHAULT DE IZAGUIRRE

La greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,