Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410185
samedi 17 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 août 2024, M. A B, représenté par
Me Berrebi-Wizman, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour l'autorisant à séjourner en France et de décider que l'ordonnance sera exécutoire dès qu'elle sera rendue, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soulève les moyens suivants :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le caractère apparemment irrégulier de son séjour, en l'absence de titre de séjour ou de récépissé, le place dans une situation de précarité tant dans sa vie quotidienne que dans sa vie professionnelle ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour permet à l'étranger admis à déposer une demande de titre de séjour en préfecture de justifier de sa présence régulière sur le territoire français pour la durée qu'il précise ; la mesure est d'autant plus utile en l'espèce que la préfecture de police du Val-de-Marne a attesté du dépôt par le requérant de sa demande de titre de séjour le 17 Juin 2024, de sorte qu'il devrait nécessairement se voir délivrer pendant le temps de l'instruction de sa demande un récépissé pour lui permettre de justifier de la régularité de son séjour pendant ladite instruction conformément à l'article 431-12 du code ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né en 1981, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code justice administrative d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie séjourner en France que depuis le mois d'août 2021 et y travailler depuis le mois de février 2022, sans établir ni alléguer aucun titre de séjour ni aucune attache personnelle ou familiale particulière. Il s'est vu délivrer une attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle le 17 juin 2024 et a demandé la délivrance d'un récépissé par une lettre envoyée le 29 juillet, reçue par les services de la préfecture le 1er août. Eu égard à l'ensemble de sa situation, et à la date d'enregistrement de sa requête, présentée à peine deux mois après le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle, et deux semaines après la demande d'un récépissé, le requérant ne peut être regardé comme établissant une urgence justifiant qu'il soit ordonné sans délai la délivrance d'un tel récépissé.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Melun, le 17 août 2024.
Le juge des référés,
Signé : X. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,