Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410216

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410216
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a fait droit à la demande du ministère de la transition écologique visant à désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Cette mesure utile concerne les travaux de rénovation et de démolition de bâtiments à Saint-Mandé pour le nouveau siège de l'Office français de la biodiversité. L'expert devra dresser un état des lieux des immeubles riverains et de la voirie avant le début du chantier, prévu en novembre 2024. Sa mission pourra être prolongée pour rechercher les causes et l'étendue d'éventuels dommages survenant pendant les travaux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 août 2024, le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, représenté par l'adjointe à la sous-directrice des affaires juridiques de l'administration générale, demande au juge des référés de désigner un expert sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, afin d'apprécier l'état actuel et à venir des immeubles susceptibles d'être affectés par son projet d'aménagement du nouveau siège de l'office français de la biodiversité.

Il soutient que :

- il va entreprendre des travaux sur un site situé au 73, avenue de Paris à Saint-Mandé

(94 165), consistant en la rénovation complète des bâtiments K et L ainsi que la démolition du bâtiment J, dans le but d'accueillir le nouveau siège de l'office français de la biodiversité au sein d'un nouveau pôle " Géoscience " de Saint-Mandé ;

- ces travaux, qui devraient se dérouler à partir de novembre 2024, impliquent des opérations de démolitions conséquentes et sont susceptibles de porter atteinte aux avoisinants.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction " ; et aux termes de l'article R. 532-1-1 du même code :

" Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat.

Le président de la juridiction ou, au Conseil d'État, le président de la section du contentieux fixe alors par ordonnance le montant des honoraires et des frais et débours dû à l'expert, dans les conditions prévues par l'article R. 621-11. / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12. ".

2. Par la requête susvisée, le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires demande au juge des référés de désigner un expert ayant pour mission de constater et décrire les éventuels désordres sur les avoisinants, avant l'engagement des travaux de rénovation et démolition de bâtiments dans le cadre de l'aménagement du nouveau siège de l'office français de la biodiversité au sein d'un nouveau pôle " Géoscience " de Saint-Mandé. Cette mesure présente un caractère utile, et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

3. Le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires demande en outre au juge des référés de confier à l'expert de manière générale, en cas de dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission, le soin de donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les causes et l'étendue de ces dommages, les responsabilités ainsi que l'importance du préjudice. En application de l'alinéa 4 de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative cité au point 1, il y a lieu de prévoir que la mission de l'expert pourra se poursuivre, après l'état des lieux, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, saisi, le cas échéant, par les personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. Il n'y a pas lieu, en revanche, de prévoir que l'expert déposera un rapport à la fin des travaux, dès lors que cette mesure n'aurait d'utilité qu'en cas de dommages signalés par les propriétaires riverains des travaux.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B A est désignée comme experte. Elle aura pour mission de :

1° se faire communiquer tous documents et pièces qu'elle estimera utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;

2° dresser un état descriptif et qualitatif des immeubles riverains de l'opération, situés 2-8 square des Catalpas, 2-4 square des Ormes, 69 Avenue de Paris et 4 avenue Pasteur à Saint-Mandé (94160) ainsi que de la voirie avoisinante du chantier ;

3° recenser toute dégradation ou tout désordre existant ; en présence d'un désordre, d'une malfaçon ou d'un risque de dégradation de l'immeuble ou de l'ouvrage, le décrire, le photographier et le cas échéant le mesurer ; dire s'il est inhérent à la structure de l'immeuble ou de l'ouvrage, à son mode de construction, à son mode de fondation ou à son état de vétusté ou encore consécutif à la nature du sous-sol sur lequel il repose ;

4° pour chaque immeuble ou ouvrage, rechercher s'ils lui apparaissent à ce stade susceptibles d'être affectés par les travaux envisagés ; indiquer les mesures de contrôle et de sauvegarde nécessaires d'une part à identifier d'éventuelles dégradations liées aux travaux, d'autre part à prévenir un danger.

Article 2 : En application de l'alinéa 4 de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, la mission de l'experte pourra se poursuivre, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, saisi, le cas échéant, par les personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages.

Article 3 : La mission se déroulera contradictoirement en présence, outre de l'experte désignée, du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, de la société Valophis Habitat, de l'hôpital d'instruction des armées Bégin, du centre culturel Cresco, de la commune de Saint-Mandé, des sociétés Socotec Construction, Dekra Industrial, Algoé, Inddigo, Wsp, Cvs, Us et Co, Ratp, Rte, Colt, Orange, Iliad Service, Sfr, Veolia, Prizz Infrastructure, Enedis, Grdf, de l'établissement public territorial Paris Est Marne et Bois, et du département du Val-de-Marne.

Article 4 : Après avoir prêté serment, l'experte accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.

Article 5 : L'experte déposera au greffe ses dires, notes et rapports exclusivement sous forme électronique, dans les conditions suivantes :

En conformité avec les dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, l'experte déposera dans les meilleurs délais son rapport, accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat.

Des copies sont notifiées par l'experte aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification est faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.

Les éventuels rapports ultérieurs, relatifs à l'étendue et aux causes des dommages qui pourraient survenir pendant la période de travaux, seront déposés et notifiés dans les mêmes conditions.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la commune de Saint-Mandé, aux sociétés Socotec Construction, Dekra Industrial, Algoé, Inddigo, Wsp, Cvs, Us et Co, Ratp, Rte, Colt, Orange, Iliad Service, Sfr, Veolia, Prizz Infrastructure, Enedis, Grdf, à l'établissement public territorial Paris Est Marne et Bois, au département du Val-de-Marne et à Mme B A, experte.

Article 7 : En application de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative et par dérogation à l'article R. 751-3 du même code, il appartient au ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires de notifier cette ordonnance aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages.

Fait à Melun, le 11 septembre 2024.

La juge des référés

Signé : S. C

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

le greffier,