Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410297

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410297
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par un ressortissant bangladais reconnu réfugié afin de suspendre la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a délivré une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 21 février 2025. Le juge a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension, la mesure provisoire sollicitée étant devenue sans objet. L'État a été condamné à verser 1 500 euros au requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 août 2024, M. B C A, représenté par Me Aït Mehdi, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :

1°) de suspendre la décision implicite de refus de délivrance de carte de résident prise par la préfète du Val-de-Marne ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer

une attestation de prolongation d'instruction ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 2.000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité bangladaise, il a été reconnu réfugié et a déposé une demande de titre de séjour sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, qu'il a bénéficié d'attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 31 janvier 2024, puis une autre valable jusqu'au 15 avril 2024, qui n'a pas été renouvelée, ce qui révèle une décision implicite de rejet qui lui a été opposée par la préfète du Val-de-Marne.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a été reconnu réfugié, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause méconnait les dispositions des articles L .424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction ayant été délivrée à l'intéressé valable jusqu'au 21 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 20 août 2024 sous le numéro 2410292, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, présenté son rapport en présence de Madame Aumond, greffière d'audience et entendu les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu.

Le requérant, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C A, ressortissant bangladais né le 12 février 1991 à Sylhet, a été reconnu réfugié. Il a déposé, le 1er août 2023, une demande de carte de résident auprès de la préfète du Val-de-Marne sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Une première attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 31 janvier 2024, a été mise à sa disposition, puis une seconde valable jusqu'au 15 avril 2024. Cette dernière attestation n'a pas été renouvelée malgré une demande en ce sens. M. A a donc considéré qu'une décision implicite de rejet avait été opposée à sa demande de carte de résident. Par une requête enregistrée le 20 août 2024, il a demandé l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par sa requête enregistrée le même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition du requérant, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une troisième attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 21 février 2025.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne, le 22 août 2024, a mis à la disposition du requérant, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une troisième attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 21 février 2025. Dans ces conditions, et dans la mesure où le juge des référés ne peut statuer que par des mesures qui présentent, en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, " un caractère provisoire ", il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les frais irrépétibles :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1.500 euros qui sera versée à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1.500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des Référés,

Signé : M. AymardLa greffière,

Signé : G. Aumond

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2410297