Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410302
lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410302 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 août 2024, M. C A B, représenté par Me Feriani, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre la décision implicite portant refus de délivrance de titre de séjour prise par la préfète du Val-de-Marne à son encontre ;
2°) d'ordonner la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité capverdienne, il est entré en France le 4 juin 2001 avec un visa et a obtenu plusieurs cartes de séjour dont en dernier lieu une carte de résident valable jusqu'au 15 mars 2024 dont il a demandé le renouvellement le 15 septembre 2023, qu'il n'a reçu aucune réponse, y compris après l'échéance de sa carte de résident ni aucun récépissé et que son contrat de travail a été suspendu le 15 mars 2024 et a reçu une notification de licenciement le 3 juillet 2024 et qu'il a demandé la communication des motifs du rejet de sa demande le 26 juillet 2024, sans obtenir de réponse.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de sa carte de résident et a été licencié à la suite de la décision contestée, et, sur le doute sérieux, que la décision est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs, qu'elle est méconnait les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il est le père d'un enfant mineur de nationalité française et les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, la carte de résident de l'intéressé ayant été mise en fabrication le 16 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 20 août 2024 sous le numéro 2410300, M. A B a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, présenté son rapport en présence de Madame Aumond, greffière d'audience et entendu les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne qui maintient les conclusions tendant au non-lieu.
Le requérant, dûment convoqué, n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, ressortissant capverdien né le 26 septembre 1983 sur l'île de Santiago, a bénéficié en dernier lieu d'une carte de résident délivrée la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 12 septembre 2023. Il en a demandé le renouvellement le 15 septembre 2023 et ne s'est vu remettre qu'une " attestation de dépôt " valable trois mois, qui n'a pas été renouvelée. Par une lettre reçue en préfecture le 26 avril 2024, il a demandé à la préfète du Val-de-Marne la communication des motifs de la décision implicite de rejet qu'il estime s'être vu opposée, sans recevoir de réponse. M. A B a été licencié de son emploi de chauffeur routier le 3 juillet 2024. Il a ensuite contesté la légalité de cette décision implicite par une requête enregistrée le 20 août 2024 et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a informé le tribunal que la nouvelle carte de résident de l'intéressé, valable jusqu'au 12 septembre 2033 avait été mise en fabrication le 16 juillet 2024 et lui serait remise prochainement.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article L. 433-3 du même code : " Lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, d'une carte de résident ou d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an prévu par une stipulation internationale en demande le renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. () ".
4. Aux termes par ailleurs de l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui ne se trouve pas dans une des situations visées aux articles R. 426-4, R. 426-6 et R. 431-5 présente sa demande de titre de séjour dans les deux mois suivant son entrée en France ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".
5. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a mis en fabrication, le
16 juillet 2024, la nouvelle carte de résident du requérant, qui sera valable jusqu'au 12 septembre 2033. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à M. A B sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A B présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La greffière,
Signé : G. Aumond
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2410302