Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410342
mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410342 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistré le 20 août 2024, M. B, représenté par Me G, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024, notifié le 28, par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a pris à son encontre des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS) consistant, notamment, en une interdiction de se déplacer à l'extérieur du territoire de la commune de Villeneuve-le-Roi (94) et en une obligation de se présenter une fois par jour, à 12 heures, au commissariat de police de Choisy-le-Roi (94), même les dimanches et jours fériés ou chômés, pendant une durée de trois mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que l'arrêté attaqué est entaché :
- d'erreurs de fait et d'une inexacte application de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure ;
- d'atteintes disproportionnées à la liberté d'aller et venir et au droit de mener une vie familiale normale, en méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- de disproportion dans la détermination de sa durée, l'article 7 de l'arrêté contesté notifié le 3 juillet 2024 imposant cette mesure pour une durée de 3 mois, soit jusqu'au 3 octobre 2024 inclus, alors que les Jeux olympiques et Paralympiques prennent fin le 8 septembre 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 août 2024, reçue par les parties le même jour, la clôture de l'instruction, qui devait intervenir trois jours francs avant l'audience, a été reportée et fixée au 2 septembre à 15 h 30.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la sécurité intérieure, ainsi que les décisions du Conseil constitutionnel n° 2017-691 QPC du 16 février 2018, n° 2017-695 QPC du 29 mars 2018 et n° 2021-822 DC du 30 juillet 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. P,
- les conclusions de Mme L, rapporteure publique,
- et les observations de M. B
Considérant ce qui suit :
Le droit applicable :
1. En application des articles L. 228-2, L. 228-4 et L. 228-5 du code de la sécurité intérieure, le ministre de l'intérieur peut ordonner à une personne de se conformer à une ou plusieurs des obligations et interdictions prévues au titre des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, lorsque son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics en lien avec le risque de commission d'un acte de terrorisme.
2. L'article L. 228-2 permet en particulier au ministre de l'intérieur d'interdire à une personne de se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé et de paraître dans certains lieux situés à l'intérieur de ce même périmètre. Il peut également lui faire obligation de se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie et de déclarer son lieu d'habitation et tout changement de ce lieu.
3. En vertu de l'article L. 228-1 du même code, une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance ne peut être prononcée qu'aux fins de prévenir la commission d'un acte de terrorisme. En outre, deux conditions cumulatives doivent être réunies.
4. D'une part, il appartient au ministre de l'intérieur d'établir " qu'il existe des raisons sérieuses de penser " que le comportement de la personne visée par la mesure " constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics ". Ainsi que l'a énoncé le Conseil constitutionnel au point 15 de sa décision n° 2017-691 QPC du 16 février 2018, au point 46 de sa décision n° 2017-695 QPC du 29 mars 2018 et au point 15 de sa décision n° 2021-822 DC du 30 juillet 2021, cette menace " doit nécessairement être en lien avec le risque de commission d'un acte de terrorisme ", à la différence de ce que prévoit l'article 6 de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence pour les assignations à résidence prononcées par le ministre dans ce cadre, ces dernières n'étant pas subordonnées, comme l'a jugé le Conseil d'Etat au point 14 de sa décision du 11 décembre 2015 (n° 395009), à l'existence d'un " lien entre la nature du péril imminent ou de la calamité publique ayant conduit à ce que soit déclaré l'état d'urgence et la nature de la menace pour la sécurité et l'ordre publics susceptible de justifier une mesure d'assignation à résidence ".
5. D'autre part, il appartient également au ministre de prouver, soit que cette personne " entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ", soit qu'elle " soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes ".
6. Il résulte des termes mêmes de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure, comme de son interprétation par le Conseil constitutionnel aux points des décisions précédemment cités, que les termes " raisons sérieuses de penser " ne s'appliquent qu'à la première des deux conditions cumulatives que pose cet article, non à la seconde, et qu'il incombe au ministre, s'agissant de cette seconde condition, non pas d'établir l'existence de " raisons sérieuses de penser que ", mais d'apporter la preuve que la personne " entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ", ou qu'elle " soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes ".
7. Les conditions auxquelles le législateur a subordonné les mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance sont ainsi nettement plus exigeantes pour le ministre que celles de l'assignation à résidence prononcée en application de l'article 6 de la loi de 1955 relative à l'état d'urgence, qui, indépendamment de la condition que la personne réside dans la zone couverte par l'état d'urgence, impose seulement d'établir, selon les termes de la décision précitée du Conseil d'Etat, que " des raisons sérieuses donnent à penser que le comportement de cette personne constitue, compte tenu du péril imminent ou de la calamité publique ayant conduit à la déclaration de l'état d'urgence, une menace pour la sécurité et l'ordre publics ".
8. Enfin, les " notes blanches " établies par les services de renseignements produites devant le juge administratif doivent être soumises au débat contradictoire et n'ont de valeur probante que si elles relatent des faits précis et circonstanciés et si ceux-ci ne sont pas sérieusement contestés.
L'examen de la requête :
Les motifs que fait valoir le ministre de l'intérieur :
9. En l'espèce, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir, dans la motivation de l'arrêté attaqué, que " M. B né le 27 juin 1979 à Figuig (Maroc) de nationalité française et marocaine, () / () le 24 octobre 2018, l'intéressé a été interpellé et placé en garde à vue pour violences conjugales à l'encontre de son épouse, alors enceinte de neuf mois; que lors des investigations, il a été mentionné que le passeport du terroriste A a transité par leur domicile, son épouse ayant participé à la traduction de l'acte de mariage de ce dernier ; qu'à l'issue de cette procédure, l'intéressé a été condamné à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pour violences sans incapacité par une personne- étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité; que le 1er juillet 2021, sa sœur a dénoncé au commissariat de Meudon (92) des violences intrafamiliales qu'elle a subies en 2017, ainsi que des menaces reçues de la part de ses frères n'acceptant pas sa relation avec un homme dont la mère serait de confession juive; que le 1er octobre 2021, l'ex-épouse de l'intéressé a une nouvelle fois déposé plainte pour de nouveaux faits de violences ; que l'intéressé a alors été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en contact avec son ex-épouse et ses enfants; qu'outre son comportement violent, l'intéressé est connu pour avoir été en contact avec l'imam en charge de la mosquée El Islah de Villiers-sur-Marne (94), lieu de culte polarisant une grande partie de la communauté salafiste de cette commune, fermée par arrêté du 2 novembre 2016 dans le cadre de l'état d'urgence; que par ailleurs, l'intéressé a fréquenté une autre mosquée salafiste du Val-de-Marne (94) et est également en contact avec des individus connus pour appartenir à la mouvance islamiste radicale ".
10. La " note blanche " établie par les services de renseignements, versée au débat contradictoire, ajoute que M. B a été " en contact avec H durant le dernier semestre de l'année 2014 ", indique le nom de l'imam précédemment mentionné, I, précise l'année et le nom de l'autre mosquée qu'il a fréquentée, à savoir " la mosquée salafiste As-Salam de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) en 2019 ", cite trois noms d' " individus connus pour fréquenter les mosquées rigoristes du Val-de-Marne et appartenir à la mouvance islamiste radicale ", avec lesquels M. B est " en contact ".
11. Le ministre de l'intérieur fait en outre valoir, dans le mémoire en défense qu'il a présenté devant le tribunal, après avoir rappelé les actes terroristes perpétrés par A le 8 et le 9 janvier 2015, que H est une " djihadiste française devenue l'épouse religieuse d'A le 5 juillet 2009 ", en précisant, d'une part, qu'elle a " activement participé à la préparation des attentats de janvier 2015, qu'elle a en partie financés en multipliant les escroqueries ", que, " Le 16 décembre 2020, elle a été condamnée par contumace par la cour d'assises spéciale de Paris à trente ans de réclusion avec sûreté des deux tiers pour des faits d'association de malfaiteurs terroriste criminelle et de financement du terrorisme " et que, " Disparue depuis 2015, elle demeure introuvable ". Le ministre précise d'autre part que, durant le second semestre de l'année 2014, Mme A " était mariée religieusement à A depuis près de cinq ans, lequel venait d'être libéré de détention quelques mois plus tôt après avoir été condamné le 20 décembre 2013 à une peine d'emprisonnement de cinq ans pour avoir projeté l'évasion de S, auteur des attentats de 1995 dans le RER parisien ", de sorte que M. B " ne pouvait ignorer, à cette date, que le couple A-H adhérait à l'idéologie djihadiste, prônant le recours à la violence en vue de l'instauration d'un Etat islamique (" djihad armé ") ". Par ailleurs, le ministre précise, à propos de la mosquée El Islah de Villiers-sur-Marne, que " Cette mosquée d'obédience salafiste a notamment été fréquentée par les membres de la filière djihadiste dite " de Champigny ", filière d'acheminement de combattants vers la Syrie regroupant de jeunes individus radicalisés " et que " La mosquée Al-lslah a fait l'objet d'une fermeture administrative en novembre 2016, dans le cadre de l'état d'urgence, après notamment qu'une perquisition administrative réalisée quelques mois plus tôt ait permis de confirmer l'existence d'une école coranique clandestine en son sein, accueillant des élèves en toute illégalité et présentant des risques d'endoctrinement ". Enfin, il relève, s'agissant des violences conjugales ayant donné lieu à une nouvelle plainte le 1er octobre 2021, que l'intéressé " a été condamné le 4 novembre 2022 à une peine de deux ans d'emprisonnement dont un an de sursis probatoire pour ces nouveaux faits de violence " et que " Son autorité parentale lui a par ailleurs été retirée ".
L'appréciation du tribunal :
12. En premier lieu, d'une part, si le fait d'entrer délibérément en relation avec une personne telle que Mme A durant le semestre qui a précédé les actes terroristes du 8 et du 9 janvier 2015, présente un caractère grave, l'ancienneté du " contact " que fait valoir le ministre, qui a eu lieu il y a près de dix ans, et l'absence de toute précision sur la portée de ce " contact ", qui est circonscrit à une période de temps limitée, ne permettent pas de considérer que cette relation occasionnelle et ancienne - en admettant son existence matérielle - soit suffisante pour établir qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. B " entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ". Par ailleurs, la référence au " transit " du passeport du terroriste Amedy Coulibaly par le domicile de M. B et à la traduction de son acte de mariage par son épouse ne sont pas assortis de précisions suffisantes pour en apprécier l'exacte portée et en vérifier la matérialité, alors qu'il est constant que le requérant vivait, au moins à des divers intervalles, séparé de son épouse.
13. D'autre part, si le ministre indique que la mosquée El Islah de Villiers-sur-Marne relève du courant salafiste, qu'elle a été fréquentée par les membres d'une filière djihadiste dite " de Champigny " et qu'elle a fait l'objet d'une fermeture administrative en novembre 2016, il ne soutient pas que le requérant aurait fréquenté cette mosquée, mais seulement qu'il a " été en contact avec l'imam en charge de la mosquée ", sans fournir aucune précision sur cet imam, ni sur la date et la durée de leur relation. S'agissant des trois autres individus mentionnés par le ministre, ce dernier se limite à indiquer qu'ils sont " connus pour fréquenter les mosquées rigoristes du Val-de-Marne et appartenir à la mouvance islamiste radicale ", sans présenter aucuns éléments précis permettant d'établir que ces personnes " incit[eraie]nt, facilit[eraie]nt ou particip[eraie]nt à des actes de terrorisme ". Il ne donne au demeurant aucune indication sur la période où les relations avec ces trois individus se sont entretenues. Par ailleurs, la seule allégation de la fréquentation de " la mosquée salafiste As-Salam de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) en 2019 " est insuffisante pour établir que M. B " entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ", alors que, d'ailleurs, le ministre admet que ce n'est pas l'ensemble du courant salafiste, mais " L'un des mouvements du salafisme " qui " prône l'action armée et utilise le salafisme comme une base idéologique pour justifier le terrorisme ".
14. En second lieu, et en tout état de cause, d'une part, si des atteintes volontaires à l'intégrité des personnes peuvent, selon les circonstances, être prises en considération pour établir " qu'il existe des raisons sérieuses de penser " que le comportement de la personne visée par la mesure " constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics ", c'est à la condition que le ministre fasse valoir des éléments qui permettent de justifier d'un lien entre la menace considérée et " le risque de commission d'un acte de terrorisme ", conformément à ce qu'a jugé le Conseil constitutionnel au point 15 de sa décision n° 2017-691 QPC du 16 février 2018, au point 46 de sa décision n° 2017-695 QPC du 29 mars 2018 et au point 15 de sa décision n° 2021-822 DC du 30 juillet 2021.
15. D'autre part, en l'espèce, l'ensemble des atteintes volontaires à l'intégrité des personnes que fait valoir le ministre, que ce soit les violences exercées par M. B sur son épouse, ou les violences et menaces que la sœur du requérant a déclaré avoir subies de ses frères, présentent, ainsi que le relève d'ailleurs le ministre, le caractère de " violences intrafamiliales " qui sont insuffisantes, en tant que telles, pour établir l'existence de " raisons sérieuses de penser " que le comportement de M. B " constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics " qui soit " en lien avec le risque de commission d'un acte de terrorisme ".
16. Il résulte de tout ce qui précède que les éléments que fait valoir le ministre dans les motifs de l'arrêté attaqué et devant le tribunal ne permettent pas, au vu du dossier soumis au tribunal, de caractériser des " raisons sérieuses de penser " que le comportement de M. B constituerait " une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics " en lien avec le risque de commission d'un acte de terrorisme, même dans le contexte des Jeux olympiques ou des circonstances internationales actuelles, ni de caractériser son soutien ou son adhésion à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes, au sens et pour l'application de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure. Ils ne permettent pas non plus d'établir que M. B serait entrée " en relation de manière habituelle " soit avec " des organisations ", soit avec " des personnes ", qui elles-mêmes " incit[e]nt, facilit[e]nt ou particip[e]nt à des actes de terrorisme " au sens et pour l'application du même article. Le requérant est ainsi fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur et des outre-mer s'est livré à une inexacte application des dispositions de l'article L. 228-1 du code de sécurité intérieure et à demander l'annulation de l'ensemble des MICAS qui ont été prononcées à son égard par l'arrêté attaqué du 24 juin 2024, ainsi que le versement à son profit d'une somme de 1 500 euros en dédommagement des frais qu'il a dû exposer dans la présente instance, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 24 juin 2024 est annulé en toutes ses dispositions.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. P, président-rapporteur,
Mme J, conseillère,
Mme L, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
P
L'assesseure la plus ancienne,
JLa greffière,
S
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,