Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410344
lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410344 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2024, Madame B A, représentée par Me Feriani, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre la décision implicite portant refus de délivrance de titre de séjour prise par le préfet de Seine-et-Marne à son encontre ;
2°) d'ordonner la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité malgache, elle est entrée en France le 14 juin 2019 avec un visa, après avoir vécu quatre ans en Allemagne, pour se rapprocher de sa mère, malade, qu'elle a été adoptée par le mari de celle-ci de nationalité française, qu'elle a déposé le 23 octobre 2023 en préfecture de Seine-et-Marne une demande d'admission au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale, qu'elle n'a eu aucune réponse, ce qui a fait naître une décision implicite de rejet le 23 février 2024, dont elle a sollicité la communication des motifs.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue dans une situation de précarité alors qu'elle est en France depuis cinq ans, et, sur le doute sérieux, que la décision est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs, qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés, la transmission d'un dossier complet en préfecture n'étant au surplus pas établie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 4 juin 2024 sous le n° 2406805, Madame A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, présenté son rapport en présence de Madame Aumond, greffière d'audience en l'absence de la requérante et du préfet de Seine-et-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante malgache née le 10 novembre 1995 à Befelatanana (Antananarivo), entrée en France en dernier lieu selon ses dires le 14 juin 2019, après avoir bénéficié de titres de séjour en Allemagne pendant quatre ans à la suite d'un visa délivré par les autorités consulaires allemandes à Dar-Es-Salaam (Tanzanie), indique avoir soumis au préfet de Seine-et-Marne, le 10 octobre 2023, une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. Elle faisait valoir la présence régulière en France de sa mère et la nationalité française du mari de celle-ci, qui l'a adoptée le 27 novembre 2012. Elle n'a reçu aucune réponse. Elle a donc considéré s'être vu opposer une décision implicite de rejet dont elle a demandé la communication des motifs dans une lettre parvenue en préfecture le 19 avril 2024. Elle a ensuite contesté la légalité de cette décision implicite par une requête enregistrée le 4 juin 2024. Par sa requête du 21 août 2024, elle a demandé au présent tribunal la suspension de l'exécution de cette décision implicite de rejet.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision "
3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la requérante est en situation irrégulière sur le territoire français depuis au moins le 31 août 2021, date de la fin de validité de son titre de séjour allemand. Si elle fait valoir la présence en France de sa mère, en situation régulière, et la nationalité française de son père, ainsi que son inscription dans une formation de gérontologie, il est constant qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans éloignée de ceux-ci et hors du territoire français.
5. Dans ces conditions, elle ne peut être regardée à ce jour comme justifiant d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation caractérisant une urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Par suite, sa requête ne pourra qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Madame A.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des Référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : G. Aumond
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2410344