Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410451
mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 août 2024, complétée le 2 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Taelman, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite portant refus de délivrance d'une carte de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour examiner sa situation, dans le délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique, que de nationalité malienne, il a été titulaire de plusieurs cartes de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dont la dernière est arrivée à expiration le
9 juillet 2023, qu'il en a sollicité le renouvellement et que la préfète du Val-de-Marne lui a demandé de produire plusieurs éléments complémentaires ce qu'il a fait, qu'il n'a plus eu aucune nouvelle malgré plusieurs relances auprès du service et qu'une décision implicite de rejet est donc née.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et, sur le doute sérieux, que cette décision n'est pas motivée, qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 424-7 car il est le père d'un enfant de nationalité française ainsi que les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et 3 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le
9 septembre 2024 pour la remise de son titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 23 août 2024 sous le n° 2410429, M. B a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 4 septembre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience et entendu :
- les observations de Me Taelman, représentant M. B, présent, qui indique qu'il n'a pas reçu le " SMS " de convocation du 21 août 2024 et qui rappelle qu'il attend depuis plus d'un an son titre de séjour et que son employeur menace de le licencier.
- et les observations de Me Kerkeni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé devant recevoir son titre de séjour le 9 septembre 2024.
Le 10 septembre 2024, Me Taelman, représentant M. B, a communiqué le titre de séjour remis par la préfète du Val-de-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 4 avril 1986 à Bamako, a été titulaire de plusieurs cartes de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dont la dernière délivrée par la préfète du Val-de-Marne était valable jusqu'au 9 juillet 2023. Il est le père d'un enfant de nationalité française né en juillet 2021. Sa demande de renouvellement a reçu dans un premier temps un avis défavorable de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Des éléments complémentaires lui ont été demandés en novembre 2023 par la préfète du Val-de-Marne qu'il a produits. Sa demande a été clôturée le 12 décembre 2023. Le 9 février 2024, M. B a déposé une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour. Il n'a eu aucune réponse. Considérant s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande de carte de séjour, il en a demandé l'annulation par une requête enregistrée le 23 août 2024. Par une requête du même jour, il sollicite du juge des référés, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du
Val-de-Marne a convoqué M. B le 9 septembre 2023 en préfecture et lui a remis une nouvelle carte de séjour temporaire valable jusqu'au 16 juillet 2025.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne, le 9 septembre 2024, a remis à M. B une nouvelle carte de séjour temporaire valable jusqu'au 16 juillet 2025. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais irrépétibles :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
A : M. AymardA : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2410451