Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410492

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410492
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a examiné la requête de M. C, ressortissant algérien, qui demandait la suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de son certificat de résidence de dix ans, fondée sur l'urgence et un doute sérieux quant à sa légalité. La préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé pour renouveler son récépissé après l'introduction de la requête. Le juge des référés a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions en suspension, la situation ayant évolué favorablement pour le requérant. La décision s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 août 2024, M. A C, représenté par Me Aziria, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour de 10 ans prise par la préfète du Val-de-Marne ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de

10 jours et de lui délivrer une autorisation de séjour portant autorisation de travail à compter de la notification du jugement jusqu'à l'intervention d'un jugement au fond ou jusqu'à l'issue du réexamen de la situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité algérienne, il a été titulaire d'un certificat de résidence de

dix ans dont il a demandé le renouvellement, qu'il a eu un récépissé valable jusqu'au 6 juin 2023, qu'il n'a plus eu aucune nouvelle de la préfecture du Val-de-Marne, malgré plusieurs demandes auprès de ses services, que son contrat de travail a été suspendu le 15 avril 2024 et qu'il risque d'être licencié et que, le 6 mai 2024, il a demandé la communication des motifs de cette décision de refus.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et qu'il risque de perdre son travail, et, sur le doute sérieux, que la décision contestée est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs notifiée le 6 mai 2024 et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car toute sa famille est en France.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l'intéressé étant convoqué le

4 septembre 2024 pour le renouvellement de son récépissé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 24 août 2024 sous le n° 2410480, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 4 septembre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience et entendu les observations de Me Kerkeni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au non-lieu de la requête.

L'intéressé, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 13 octobre 1976 à Bir Haddada (wilaya de Sétif), entré en France en janvier 1992, a bénéficié en dernier lieu d'un certificat de résidence algérien de 10 ans délivré par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 26 janvier 2023. Il en a demandé le renouvellement à la préfète du Val-de-Marne qui lui a délivré, le 6 juin 2023, un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois. Ce récépissé n'a pas été renouvelé à son échéance malgré une demande en ce sens. Le contrat de travail de M. C auprès de la société " Spie " a été suspendu à compter du 22 avril 2024. Le 13 mai 2024, il a demandé à la préfète du Val-de-Marne de lui communiquer les motifs de la décision implicite de refus qu'il estime s'être vu opposer. Aucune réponse n'a été apportée à cette demande. Par une requête enregistrée le

24 août 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision implicite et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué le requérant pour le 4 septembre 2024 aux fins de renouveler son récépissé.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. () ".

4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. C pour le 4 septembre 2024 aux fins de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour. Dans ces conditions, et nonobstant le caractère automatique du renouvellement du certificat de résidence algérien de dix ans détenu précédemment par lui mentionné par les stipulations rappelées au point précédent, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,La greffière,

B : M. AymardB : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2410492