Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410497

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410497
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. C, ressortissant malien, afin de suspendre la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour et d'obtenir la délivrance d'un récépissé. Le tribunal a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète du Val-de-Marne avait mis à disposition de l'intéressé une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 29 novembre 2024. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension, estimant que la demande de M. C était devenue sans objet. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 août 2024, M. B C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre son titre de séjour ou un récépissé, dans un délai de 15 jours à compter de la décision à venir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, pour dommages et intérêts en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité malienne, il est entré en France le 23 juin 2023 avec un visa de long séjour en qualité de conjoint de français, qu'il a déposé son dossier sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 4 mars 2024, qu'il n'a eu aucune réponse y compris après l'expiration de son visa de long séjour, et que son contrat de travail a été suspendu depuis le 5 juillet 2024.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et sur le doute sérieux, que la décision contestée est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs notifiée le 13 juin 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l'intéressé n'ayant répondu que le 30 août 2024 à une demande de complément de dossier.

Elle indique également qu'une attestation de prolongation d'instruction a été remise à l'intéressé le 30 août 2024, valable trois mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 16 août 2024 sous le n° 2410219, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 4 septembre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience et entendu les observations de Me Kerkeni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au non-lieu de la requête.

L'intéressé, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant malien né le 31 décembre 1996 à Diaye Tougoune (Région de Kayes), entré en France le 23 juin 2023 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Bamako et valable jusqu'au 9 juin 2024, a déposé le

4 mars 2024, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. Il n'a reçu aucune réponse avant le

1er juillet 2024, date à laquelle les services de la préfecture du Val-de-Marne lui ont demandé de produire des pièces complémentaires. Le 13 juin 2024, il avait demandé à la préfète du

Val-de-Marne de lui communiquer les motifs de la décision implicite de rejet qu'il considérait s'être vu opposer. Par une requête enregistrée le 16 août 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision implicite et sollicite du juge des référés, le 23 août 2024 la suspension de son exécution. Le 30 août 2024, il a communiqué à la préfecture du Val-de-Marne les pièces sollicitées le 1er juillet 2024 et une attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au

29 novembre 2024, a été mise à sa disposition sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de M. C, sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, une attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au

29 novembre 2024. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. L'intéressé ayant présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, ses conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne pourront qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C, présentées sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,La greffière,

A : M. AymardA : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2410497