Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410851

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410851
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSANGUE

Résumé IA

Refus de délivrance d’un récépissé de demande de titre de séjour. Tribunal administratif de Melun, juge des référés. Rejet de la demande de suspension fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative, faute d’urgence caractérisée : le requérant, en situation irrégulière depuis six ans, n’établit pas une atteinte grave et immédiate à sa situation professionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Sangue, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 3 septembre 2024 par laquelle il s'est vu refuser la délivrance d'un récépissé de sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour autorisant l'exercice d'une activité professionnelle dans le délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros toutes taxes comprises à verser à Me Sangue, au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, au cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, à lui-même, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Vu :

-la requête n° 2410850 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 18 septembre 2024 à 10h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella ;

-et les observations de Me Capuano, représentant la préfète du Val-de-Marne.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

2. M. B, qui est de nationalité malienne, a déposé une demande de titre de séjour à la préfecture du Val-de-Marne le 3 septembre 2024 et s'est vu remettre à cette occasion un document intitulé " Attestation de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour ". Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, du refus de délivrance du récépissé de demande de titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il se serait ainsi vu tacitement opposer le même jour.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. B se borne à faire valoir qu'il exerce une activité professionnelle sous contrat à durée indéterminée et qu'il se trouve dans l'impossibilité de démontrer la régularité de son séjour. Toutefois, et alors, en outre, qu'il résulte de l'instruction que le requérant a séjourné irrégulièrement en France durant près de six ans avant de solliciter un premier titre de séjour et que cette situation ne l'a pas empêché d'occuper plusieurs emplois, les seules circonstances ainsi invoquées ne peuvent être regardées comme suffisant à caractériser l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B, que la requête de celui-ci doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'à Me Sangue.

Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 23 septembre 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,