Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411001

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411001
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé suspension de M. et Mme B, qui contestaient le refus d'autorisation d'instruction en famille pour leur fille. Les requérants n'avaient pas joint à leur demande de suspension la copie de leur requête en annulation au fond, comme l'exige l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Cette irrecevabilité manifeste a conduit le juge des référés à rejeter la requête sans instruction ni audience, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B et Mme C D épouse B demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 juin 2024 par laquelle la commission présidée par la rectrice de l'académie de Créteil auprès de laquelle doivent être formés les recours administratifs préalables obligatoires contre les décisions de refus d'autorisation d'instruction dans la famille a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont exercé contre le refus de la directrice académique des services départementaux de l'éducation nationale de Seine-et-Marne en date du 30 mai 2024 de les autoriser à donner l'instruction en famille à leur fille, E B, durant l'année scolaire 2024-2025 ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de leur accorder provisoirement une autorisation d'instruction dans la famille pour l'année scolaire 2024-2025, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ".

3. M. et Mme B sollicitent à titre principal, dans la présente instance, la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions, citées au point 1, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision du 19 juin 2024 par laquelle la commission présidée par la rectrice de l'académie de Créteil auprès de laquelle doivent être formés les recours administratifs préalables obligatoires contre les décisions de refus d'autorisation d'instruction dans la famille a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont exercé contre le refus de la directrice académique des services départementaux de l'éducation nationale de Seine-et-Marne en date du 30 mai 2024 de les autoriser à donner l'instruction en famille à leur fille, E B, durant l'année scolaire 2024-2025. Ils ne produisent toutefois pas de copie de leur requête à fin d'annulation de cette décision. Leur requête en référé est, par suite, manifestement irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. et Mme B, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et Mme C D épouse B.

Fait à Melun, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au ministre chargé de l'éducation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,