Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411068

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411068
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi en référé-suspension par M. A, qui contestait le refus du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de renouveler sa carte professionnelle. Le requérant invoquait l'urgence, un défaut de motivation et une erreur manifeste d'appréciation, notamment au regard des articles L. 612-20 du code de la sécurité intérieure et du respect de la procédure contradictoire. Le CNAPS a demandé une substitution de motifs, en se fondant sur le comportement incompatible de M. A révélé par le fichier TAJ. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que la condition d'urgence n'était pas établie et que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 6 et 17 septembre 2024, M. D A, représenté par Me Semak, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 2 juillet 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a rejeté sa demande de renouvellement de carte professionnelle ;

2°) d'enjoindre à toute autorité compétente de réexaminer sa situation, et dans l'attente du jugement au fond à intervenir de lui délivrer une carte professionnelle, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie, alors en outre que la décision en litige le place dans l'impossibilité de travailler et le prive de toutes ressources, alors qu'il a la charge de sa fille ;

- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions du 4° bis de l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure, dès lors qu'il n'est pas justifié de l'habilitation de l'agent ayant consulté l'AGDREF ;

- les pièces communiquées par la défense ne permettent pas d'identifier l'agent ayant procédé à la consultation de ce fichier, à défaut de comporter son identité et son numéro de RIO ;

- il justifie avoir été en situation régulière pendant les cinq années ayant précédé la décision litigieuse puisque le refus de renouvellement de titre a été annulé par le tribunal administratif de Montreuil, jugement confirmé par la cour administrative d'appel de Paris, annulation contentieuse qui a entraîné la disparition rétroactive de cet arrêté, par conséquent son droit au séjour n'a jamais été interrompu ;

- il est titulaire depuis mai 2016 de titres de séjour régulièrement renouvelés et de récépissés de ses demandes de renouvellement de titre, l'interruption dans la délivrance de ces derniers étant le seul fait de l'administration, en raison de l'encombrement de ses services ;

- la décision en litige a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire, des principes généraux de la défense et du droit d'être entendu, dès lors que le sens de la décision en litige aurait été différent si le conseil national des activités privées de sécurité lui avait permis de lui communiquer le jugement du tribunal administratif de Montreuil et l'arrêt de la cour administrative d'appel ;

- la substitution de motifs demandée par la défense ne peut pas être accueillie dès lors qu'un refus fondé sur le 2° de l'article L. 612-20 du code de sécurité intérieure implique de s'assurer que la consultation des fichiers a respecté les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;

- en l'espèce, la défense se prévaut de deux mentions figurant sur le fichier TAJ sans justifier avoir saisi, ni les forces de l'ordre pour un complément d'information, ni le Procureur de la République pour la détermination des suites judiciaires données aux faits reprochés ;

- il a également été privé d'une garantie par l'impossibilité de présenter des observations sur les faits qui fondent la demande de substitution de motifs ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 612-20 2° et R. 632-14 du code de la sécurité intérieure ainsi que de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, à défaut d'apporter la preuve du respect des obligations procédurales qu'ils définissent ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, alors qu'il conteste avoir commis les infractions reprochées, anciennes, pour lesquelles le conseil national des activités privées de sécurité ne fait état d'aucune poursuite ni de condamnation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- M. A ne démontre pas l'urgence de sa demande, dont la preuve lui revient, alors qu'il a attendu deux mois pour saisir le juge des référés et qu'il n'établit pas la précarité de la situation financière dans laquelle il se trouverait ;

- Mme B C disposait d'une habilitation spéciale pour consulter les fichiers prévus aux articles R. 142-11 et R. 142-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'un défaut d'habilitation serait sans incidence sur la légalité de la décision en litige ;

- il n'est pas tenu au respect du principe du contradictoire, alors en outre que

M. A a pu présenter ses observations dans le cadre de son recours gracieux ;

- la consultation des traitements de données à caractère personnel a permis de relever que M. A n'était titulaire d'aucun titre de séjour du 16 mars 2019 au 28 mai 2021, alors que ses services n'avaient pas connaissance des décisions de justice produites par la requête ;

- il est demandé de procéder à une substitution de motifs dès lors qu'il ressort de la consultation du traitement d'antécédents judiciaires que le comportement et les agissements de M. A sont incompatibles avec l'exercice d'une activité de sécurité privée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Au cours de l'audience publique tenue le 18 septembre 2024 à 14h00, ont été entendus :

- le rapport de Mme Letort ;

- et les observations de Me Semak, représentant M. A, présent, qui soutient en outre que l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement de carte professionnelle et qu'il ne dispose pas d'autre diplôme que celui d'agent de sécurité, que l'annulation de la décision est encourue dès lors que le droit d'être entendu n'a pas été respecté alors qu'il disposait d'informations de nature à influer le sens de la décision, qu'il est paradoxal de fonder une demande de substitution de motifs sur une menace à l'ordre public alors que le CNAPS a nécessairement consulté le fichier TAJ au stade de l'instruction de sa demande, qu'elle ne peut pas être accueillie au titre de la privation de ses garanties et que sur le fond, il conteste la matérialité de ces faits, alors enfin qu'ils sont anciens, isolés et dépourvus de toute suite pénale.

Le conseil national des activités privées de sécurité n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, titulaire d'une carte professionnelle autorisant l'exercice des fonctions d'agent de sécurité depuis le 20 juillet 2019, a saisi le conseil national des activités privées de sécurité le 18 juin 2024 d'une demande de renouvellement de cette carte. Par une décision du 2 juillet 2024, dont M. A demande la suspension, le conseil national des activités privées de sécurité a rejeté cette demande.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

En ce qui concerne l'urgence :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Il résulte de l'instruction que l'exécution de la décision litigieuse aurait pour conséquence de priver M. A d'emploi et de toutes ressources, dès lors que le requérant produit le contrat à durée indéterminée signé avec la société Triomphe Sécurité en décembre 2021, aux termes duquel la perte de la carte professionnelle entraînerait une rupture conventionnelle de plein droit. Ainsi, et indépendamment du délai pris par M. A pour contester la légalité de la décision en litige, intervenue au début de la période estivale, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.

En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1: () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'État territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ; 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1 du même code, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour () ".

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article aux termes de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure : " I. - Les décisions administratives de recrutement, d'affectation, de titularisation, d'autorisation, d'agrément ou d'habilitation, prévues par des dispositions législatives ou réglementaires, concernant () les emplois publics ou privés relevant du domaine de la sécurité ou de la défense, () peuvent être précédées d'enquêtes administratives destinées à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées ". Selon l'article L. 234-1 de ce code : " Un décret en Conseil d'Etat fixe la liste des enquêtes administratives mentionnées à l'article L. 114-1 qui donnent lieu à la consultation des traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale, y compris pour les données portant sur des procédures judiciaires en cours, dans la stricte mesure exigée par la protection de la sécurité des personnes et la défense des intérêts fondamentaux de la Nation () ". Enfin, l'article R. 234-1 du même code dispose que " I. - Pour l'application de l'article L. 234-2, la consultation des traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 du code de procédure pénale par les agents des services spécialisés de renseignement du ministère de la défense est effectuée par des agents individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur dont ils relèvent (). / II. - Cette consultation s'effectue sans autorisation du ministère public, par un accès direct et strictement limité aux données à caractère personnel qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes ".

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 230-6 du code de procédure pénale : " Afin de faciliter la constatation des infractions à la loi pénale, le rassemblement des preuves de ces infractions et la recherche de leurs auteurs, les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale peuvent mettre en œuvre des traitements automatisés de données à caractère personnel recueillies : 1° Au cours des enquêtes préliminaires ou de flagrance ou des investigations exécutées sur commission rogatoire et concernant tout crime ou délit ainsi que les contraventions de la cinquième classe sanctionnant : a) Un trouble à la sécurité ou à la tranquillité publiques ; b) Une atteinte aux personnes, aux biens ou à l'autorité de l'Etat () ". Selon l'article R. 40-29 de ce code : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 du code de la sécurité intérieure et à l'article

L. 4123-9-1 du code de la défense, les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code ".

8. Enfin, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

9. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

10. Au regard de l'ensemble des pièces produites dans la présente instance, et en l'absence de réponse du conseil national des activités privées de sécurité au mémoire en réplique de M. A, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation fondé sur les dispositions du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 2 juillet 2024 par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité a rejeté la demande de renouvellement de carte professionnelle présentée par M. A.

11. Il résulte de ce qui précède que l'exécution de cette décision doit être suspendue.

Sur les conclusions à fin d'injonction assorties d'une astreinte :

12. La suspension prononcée implique nécessairement que le directeur du conseil national des activités privées de sécurité délivre à M. A, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée d'agent de sécurité, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par la requête.

Sur les frais de justice :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de la décision du conseil national des activités privées de sécurité du 2 juillet 2024 est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. A, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée d'agent de sécurité, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Le conseil national des activités privées de sécurité versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et au conseil national des activités privées de sécurité.

La juge des référés,La greffière,

Signé : C. LetortSigné : C. Sistac

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,