Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411071

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411071
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de M. B. Ce dernier contestait le refus implicite de la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. La préfète ayant délivré le document sollicité entre-temps, la décision implicite de refus a été retirée, rendant le litige sans objet. L'Etat a été condamné à verser 1 000 euros à M. B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, M. D B, représenté par Me Garavel, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de renouveler son attestation de prolongation d'instruction jusqu'à la décision relative au renouvellement de son titre de séjour, dans le délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que l'absence de renouvellement de son attestation de prolongation d'instruction le place en situation irrégulière, alors qu'il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint et de parent de ressortissantes françaises, et qu'il risque d'être licencié ;

- la préfète du Val-de-Marne aurait dû lui délivrer un justificatif de la régularité

de son séjour à compter de l'expiration de son précédent titre, qu'il a dû introduire

un premier recours pour obtenir ce document qui n'a pas été renouvelé, alors que sa demande de titre est toujours en cours d'instruction ;

- une telle situation porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors qu'il est marié depuis le 6 août 2018 avec Mme A, ressortissante française, et qu'ils sont parents C, née le 25 mars 2021, de nationalité française ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024 à 9 h 42, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur la requête, et à titre subsidiaire à son rejet.

Elle fait valoir qu'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 16 décembre 2024 a été mise à la disposition de M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 18 septembre 2024 à 14 h 00, ont été entendus :

- le rapport de Mme Letort,

- et les observations de Me Capuano, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions par les mêmes moyens.

M. B n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 26 août 1986 à Anezi (Maroc), titulaire en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 23 décembre 2023, a demandé le renouvellement de ce titre de séjour le

11 décembre 2023. A cette occasion, une attestation du dépôt de cette demande a été mise à sa disposition. M. B a formé une première requête le 21 mars 2024, qui a donné lieu à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 2 avril au 1er juillet 2024, non renouvelée. M. B demande la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. La préfète du Val-de-Marne fait valoir que les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ont perdu leur objet en conséquence de la délivrance, le 17 septembre 2024, d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 16 décembre 2024. M. B, qui n'était ni présent ni représenté à l'audience, ne fait part d'aucune difficulté dans la mise à disposition effective de ce document sur son compte personnel ANEF. Par conséquent, la délivrance de cette attestation de prolongation d'instruction doit être regardée comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer un tel document. Il s'ensuit que l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être accueillie.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ni, par voie de conséquence, sur celles à fin d'injonction assorties d'une astreinte.

Sur les frais de justice :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et à fin d'injonction avec une astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. LetortLa greffière,

Signé : C. Sistac

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,