Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411140
lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411140 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Casagrande, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et l'autorisant à exercer une activité professionnelle ainsi qu'à voyager ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 12 septembre 2024, M. A maintient ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-l'arrêté du 31 mars 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Le rapport de M. Zanella a été entendu au cours de cette audience, tenue le 13 septembre 2024 à 10 h 00 en présence de Mme Sistac, greffière d'audience.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. M. A, qui, dans le dernier état de ses écritures, résultant de son mémoire complémentaire enregistré le 12 septembre 2024, s'est borné à maintenir ses conclusions relatives aux frais liés au litige à la suite de sa convocation, par courriel du même jour, à un rendez-vous en préfecture fixé le 13 septembre 2024 à 14 h 00 en vue de la remise d'un récépissé de la demande de titre de séjour qu'il a déposée le 28 mai 2024, doit être regardé comme s'étant ainsi désisté des conclusions à fin d'injonction qu'il a présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
2. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
3. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise []. "
4. D'une part, ces dispositions n'obligent pas le préfet à délivrer le document provisoire de séjour qu'elles mentionnent à un étranger dont la demande de titre de séjour n'a pas été déposée dans les délais prévus à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Une telle obligation ne résulte par ailleurs d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe.
5. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, combinées avec celles des articles R. 431-2 du même code et 1er de l'arrêté du 31 mars 2023 visé ci-dessus, que le renouvellement d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et délivré à un étranger en sa qualité de conjoint d'un Français doit être demandé au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ", entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce titre.
6. En l'espèce, M. A, qui, de nationalité colombienne, était titulaire en dernier lieu, en sa qualité de conjoint d'une Française depuis le 24 juillet 2020, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable du 7 juillet 2022 au 6 juillet 2024, ne conteste pas n'avoir déposé sa demande de renouvellement de ce titre de séjour au moyen du téléservice ANEF que le 28 mai 2024, soit moins de soixante jours avant l'expiration de ce même titre, donc en dehors du délai rappelé au point précédent. Il fait en revanche valoir qu'il a été induit en erreur par les informations publiées sur le site internet de la préfecture du Val-de-Marne, dont il ressortait que sa demande de renouvellement de son dernier titre de séjour pouvait être déposée à la préfecture, sur rendez-vous, dans le courant des deux mois précédant l'expiration de ce titre et que c'est pour cette raison qu'il a, dans un premier temps, vainement sollicité un rendez-vous à cette fin le 9 mai 2024 au moyen du téléservice " demarches-simplifiees.fr ". Pour regrettable qu'elle soit, cette circonstance ne peut toutefois être regardée, eu égard à ce qui a été dit ci-dessus au point 4, comme étant de nature à établir qu'en ne lui délivrant pas une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande du 28 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne aurait porté aux libertés fondamentales dont il se prévaut, à savoir la liberté d'aller et venir et la liberté de travailler, une atteinte présentant un caractère manifestement illégal. Il n'y a par suite pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
P. ZANELLALa greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,