Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411202
jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411202 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Sauvadet, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui transmettre par tout moyen une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de
100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence de sa demande est fondée sur l'expiration de son titre de séjour le
11 août 2024, sans justificatif de la régularité de son séjour alors qu'il a entamé les démarches pour son renouvellement dans le délai prescrit, et que son employeur l'a informé le
9 septembre de la nécessité de produire un document l'autorisant à travailler, sous peine de suspension puis de rupture de son contrat de travail ;
- cette situation porte une atteinte grave et immédiate à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à son droit au travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement.
3. M. B, ressortissant algérien né le 17 novembre 1993 à Bouzeguene (Algérie), qui serait entré en France le 21 septembre 2018 sous couvert d'un visa Schengen, a disposé le 11 août 2023 d'un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint d'une ressortissante française, dont il a demandé le renouvellement le 21 mai 2024. M. B demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui transmettre une attestation de prolongation de l'instruction de cette demande.
4. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures, M. B se prévaut des conséquences de l'absence de justificatif de la régularité de son séjour, alors que son certificat de résidence est arrivé à expiration le 10 août 2024 et qu'il n'a pas été rendu destinataire d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement. Toutefois, si la société Le Firmament, pour laquelle il travaille en qualité de serveur depuis le 1er septembre 2022, lui a demandé le 9 septembre de justifier rapidement de son droit de travailler, il ne résulte pas de l'instruction que la menace de suspendre son contrat de travail ait été présentée à très brève échéance, alors en outre que le requérant est dépourvu de titre de séjour en cours de validité depuis un mois. Dès lors, une telle circonstance pourrait être de nature à justifier de l'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ou par les dispositions de l'article L. 521-1 du même code dans l'hypothèse où cette demande ferait l'objet d'un rejet implicite le 21 septembre prochain, mais ne suffit pas à caractériser une urgence impliquant, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai contraint de quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
La juge des référés,
Signé : C. Letort
La République mande et ordonne ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,